lundi 11 décembre 2017

L'intelligence artificielle est un outil

Un certain nombre de mythes et de peurs émaillent le parcours de l'intelligence artificielle depuis sa naissance dans les années 1950. Ces mythes ont nourri et continuent à nourrir récits et films de science-fiction en tout genre. Comme l'a démontré Olivier Ezratty, consultant en nouvelles technologies, dans un billet intitulé "Douze mythes de l'intelligence artificielle" (1), les idées reçues sont nombreuses dans ce domaine, et les discours volontiers alarmistes. 

Il y a cependant un véritable contraste entre ces discours et les applications concrètes de l'intelligence artificielle, en particulier en entreprise. Fred Cavazza, lui aussi consultant en nouvelles technologies, a montré dans son billet "l'intelligence artificielle est un outil informatique comme un autre"(2) l'apport de ces briques technologiques en tant qu'outils pour le marketing: ils permettent d'améliorer la capacité de traitement et les performances des actions marketing grâce à l'analyse de grands volumes de données avec des algorithmes auto-apprenants. Ceci permet entre autres de faire de la création de micro-segments, de la personnalisation de bannières, de la génération de contenus, de prévoir un pilotage des campagnes, de faire de l'analyse prédictive...

Comme le rappelle Fred Cavazza, les premiers résultats sont probants, mais demandent un certain nombre de pré-requis, les solutions à base d'intelligence artificielle étant particulièrement complexes à mettre en oeuvre. En effet, les algorithmes sont puissants mais nécessitent de gros volumes de données qui ne sont pas toujours disponibles, les solutions nécessitent un paramétrage particulier, donc un accompagnement non seulement du fournisseur mais également des équipes, les solutions sont difficiles à comparer entre elles, notamment face au discours des éditeurs...L'intelligence artificielle n'est selon l'auteur qu'une ressource informatique comme une autre, au même titre qu'une base de données par exemple. 

Elle n'est qu'un outil, sophistiqué certes, et qui permet surtout d'accroître les performances de l'entreprise, mais qui en aucun cas ne remplacera les marketeurs ou publicitaires. C'est en substance le même discours que tenait Olivier Ezratty dans son billet "Peut-on benchmarker l'intelligence artificielle?"(3), dans lequel il montrait que l'efficacité d'une solution d'intelligence artificielle, quel que soit le domaine d'action de l'entreprise, dépendait de la quantité et de la qualité des données que l'on place dans le moteur de machine learning. Selon lui le succès de l'adaptation d'une solution à base d'intelligence artificielle passait par l'élaboration d'un projet spécifique et par l'accompagnement spécialisé. 

Les applications actuelles de l'intelligence artificielle en entreprise permettent donc d'obtenir des résultats intéressants, qui n'auraient probablement pas été possibles avec des solutions "classiques" pour accroître les performances d'une entreprise, mais leur implantation est complexe et nécessite un grand nombre de données.


(1) EZRATTY, Olivier. Douze mythes de l'intelligence artificielle. Blog "Opinions libres", 29 septembre 2017. http://www.oezratty.net/wordpress/2017/douze-mythes-intelligence-artificielle/
[consulté le 11 décembre 2017]

(2) CAVAZZA, Fred. L'intelligence artificielle est un outil comme un autre. Blog "FredCavazza.net", 20 novembre 2017. https://fredcavazza.net/2017/11/20/lintelligence-artificielle-est-un-outil-informatique-comme-un-autre/
[consulté le 11 décembre 2017]
  
(3) EZRATTY, Olivier. Peut-on benchmarker l'intelligence artificielle? Blog "Opinions libres", 12 mai 2017. http://www.oezratty.net/wordpress/2017/peut-on-benchmarker-ia/
[consulté le 11 décembre 2017]



Featured Snippets: les extraits optimisés de Google

Depuis plusieurs mois, on a vu apparaître sur la page de résultats de Google les "Featured Snippets", traduit en français par "extraits optimisés" ou "extraits mis en avant".
Voici la définition donnée par le site definition-marketing.com (1) :

"Un featured snippet est un mode de présentation de résultat utilisé par Google et qui consiste à présenter dans un cadre spécifique une partie ou la totalité de la réponse correspondant à la requête de l’internaute au dessus des résultats organiques traditionnels. Lorsqu’un site figure en featured snippet on parle généralement de rang ou position zéro."

Ce développement récent dénote l’évolution de Google d’un moteur de recherche vers un moteur de réponses.

Les éléments que l’on rencontre le plus souvent dans les Featured Snippets sont les suivants : (2)

- un extrait de contenu pouvant se présenter sous différentes formes

- un titre extrait de la page remontant en position zéro

- l'URL de la page concernée

- une image issue du même site ou d'une autre source

L'intérêt de ces FS est évidemment une meilleure visibilité avec un impact important sur le trafic d’un site web. (3)

Dernière extension en date, Google vient d’ajouter plus d’images et de recherches connexes à l’intérieur des FS dans une volonté accrue d’apporter de nouveaux éléments de réponses directes à l’utilisateur. (4) (5)

Il apparaît donc important que les professionnels s'adaptent rapidement à cette évolution afin d’optimiser leur visibilité sur la toile. (6)

Sources :

(1) Site definition-marketing.com | https://www.definitions-marketing.com/definition/featured-snippet/ [Consulté le 11 décembre 2017]

(2) Doucet Raphaël | Recherche et Référencement | Featured Snippets ce que l’on sait… | Publié en juillet/août 2017 | http://portaildoc-intd.cnam.fr/GED_SUW/193344691152/featured-snippets.pdf [Consulté le 11 décembre 2017]

(3) Yonnet Philippe | Recherche et Référencement | Lettre mensuelle n°179 | Les FS : une nouvelle opportunité pour créer plus de trafic ? | p. 4-17 | Publié en mars 2016 | http://portaildoc-intd.cnam.fr/GED_SUW/192893591007/RR_mars_2016-no179.pdf [Consulté le 11 décembre 2017]

(4) Nguessan Noël | Arobasnet.com | Quand Google améliore le Search pour favoriser la découverte de contenu | Publié le 6 décembre 2017 | http://www.arobasenet.com/2017/12/google-search-ameliore-recherche-4325.html?utm_source=feedburner&utm_medium=feed&utm_campaign=Feed%3A+arobasenet1+%28Arobasenet1%29&utm_content=Netvibes [Consulté le 11 décembre 2017]

(5) Andrieu Olivier | Abondance.com | Google ajoute plus d’images et de liens connexes aux Featured Snippets | Publié le 6 décembre 2017 | https://www.abondance.com/actualites/20171206-18703-google-ajoute-plus-dimages-de-liens-connexes-aux-featured-snippets.html [Consulté le 11 décembre 2017]

(6) Andrieu Olivier | Abondance.com | Attention les Featured Snippets arrivent sur Google France et ça pourrait bien changer la donne SEO ! | Publié le 13 avril 2016 | https://www.abondance.com/actualites/20160413-16444-attention-les-featured-snippets-arrivent-sur-google-france-et-ca-pourrait-bien-changer-la-donne-seo-2.html [Consulté le 11 décembre 2017]

lundi 4 décembre 2017

Blockchain : le bitcoin annonce-t-il la fin de la fraude à la carte bancaire ?

Pourquoi le bitcoin affole et séduit les marchés financiers ? En parallèle, les banques traditionnelles sont en train de contre-attaquer. N'y verraient-elles pas un signe annonciateur de la disparition de la monnaie fiduciaire ? Quelle technologie régit cette nouvelle monnaie ?

Une technologie nommée BLOCKCHAIN

Celle-ci utilise un protocole très sécurisé. Il se base sur le cryptage des données. En voici une définition [1] : « La blockchain est une technologie de stockage et de transmission d’informations, transparente, sécurisée, et fonctionnant sans organe central de contrôle. »

Utilisation de la blockchain

Cette technologie s’utilise, essentiellement, de trois façons [2] : transferts d’actifs (monnaie, titres, actions), une meilleure traçabilité (des actifs et produits), exécuter automatiquement des contrats dits smart contracts.  Un modèle d’architecture technique pourrait se schématiser comme suit :


Figure-1 : Infographie issue du livre blanc [6] Comprendre la blockchain

D’autres applications de la blockchain

Grâce à la blockchain, un client [2] peut souscrire, par exemple, à une assurance conçue sous forme d'un smart contract. Dans le cas d'une assurance pour se couvrir contre un retard d'avion, ce contrat dit intelligent déclenchera un remboursement automatique une fois le retard constaté. Une autre utilisation de la blockchain est la création de la monnaie virtuelle : le bitcoin, monnaie dont les cours s'envolent actuellement.

Le bitcoin : opportunité ou menace pour les banques ?

A ce sujet, le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau, présent ce vendredi 01/12/2017 au Forum financier franco-chinois, a clairement attaqué [3] le bitcoin : « C’est un actif spéculatif. […] ceux qui investissent en bitcoin le font totalement à leurs risques et périls. » Les mêmes craintes ont été émises [4] par Jordan Belfort, ancien courtier américain. Il est à la base du personnage du film Le loup de Wall Street de Martin Scorsese. Ce risque viendrait aussi [5] du manque de réglementation du marché, d'après le SEC (U.S. Securities and Exchange Commission), l’organe de Régulation des Marchés Financiers Américains.

Blockchain : opportunité pour les fournisseurs de solutions logicielles !

Des marchés de biens et de services sont nés et se développent. Des poids lourds se sont intéressés à cette technologie : Microsoft, Oracle. Côté banque : UBS et IBM lancent une plateforme de trading financier : Batavia. Progrès technologique ou salade spéculative ?

Perspectives

Pour revenir à l'actualité qui a motivé ce présent billet de veille (à savoir : l'envolée des cours du BITCOIN), certains voient, dans cette monnaie virtuelle, une solution robuste contre la fraude à la carte bancaire. A méditer...

Si vous souhaitez suivre l'actualité du BITCOIN et de la BLOCKCHAIN
Actualités décembre 2017 et courant 2018

 

SOURCES

1 : Article « Qu’est-ce que la blockchain ? » sur le site de « Blockchain France » ; consulté le 04/12/2017 ; date de publication non communiquée ; URL : Définition de la Blockchain

2 : Journal Du Net (JDN) ; article : « Blockchain : définition et application de la techno derrière le bitcoin » ; consulté le 04/12/2017 ; mise à jour du 13/11/2017 ; URL : Bitcoin et Blockchain

3 : Site Web Europe1 ; article « La Banque de France alerte sur le caractère spéculatif du bitcoin » ; consulté le 04/12/2017 ; publié le 01/12/2017 ; URL : Bitcoin et spéculation

4 : Site Web Europe1 ; article « Pour le vrai "loup de Wall Street", lever des fonds en bitcoins est une vraie "arnaque" » ; consulté le 04/12/2017 ; publié le 24/10/2017 ; URL : Bitcoin, une arnaque selon le Loup de Wall Street

5 : Site Web Europe1 ; article « Le gendarme financier américain refuse un projet d'indice basé sur le bitcoin » ; consulté le 04/12/2017 ; publié le 13/03/2017 ; URL : Gendarme américain et Bitcoin

6 : Comprendre la Blockchain ; consulté le 04/12/2017 ; URL : Blockchain : Le livre blanc


POUR ALLER ENCORE PLUS LOIN SUR L'ASPECT TECHNOLOGIQUE

a : Site Web Microsoft ; article « Développez, testez et déployez des applications de type « blockchain » ; consulté le 04/12/2017 ; URL : Solution Blockchain chez Microsoft

b : Site Web Oracle ; article « Oracle Blockchain Cloud Service » ; consulté le 04/12/2017 ; URL : Solution Blockchain chez Oracle

c : Site Web IBM ; article “IBM, banking partners to advance new trade finance platform Batavia for global trade via air, land, sea” ; consulté le 04/12/2017 ; URL : IBM et sa plateforme Batavia



La neutralité du net, une question pas si neutre...

Réseau de réseaux, l'Internet a pour vocation de s'adresser à tous et d'être accessible par tous : c'est la "neutralité du Net". Ce principe de non-discrimination garantit que les fournisseurs d'accès à Internet ne limitent pas les communications de leurs utilisateurs, que ce soit en termes de contenus, de débit ou de destination, mais demeurent de simples transmetteurs d'information, afin que tous les utilisateurs puissent accéder au même réseau dans son entier, quelles que soient leurs ressources financières, leur pouvoir politique/économique ou leur origine géographique. 
Certains acteurs du monde du web considèrent que les droits d'auteur, d'une part, et le fait que l'Internet est dominé par un petit nombre de conglomérats cumulant la production et la diffusion de l'information, d'autre part, menacent cette neutralité du net [1][2]. En France, depuis la loi pour une République numérique du 10 octobre 2016, l'Autorité de régulation des communications électroniques et des postes (ARCEP) veille notamment à ce que cette neutralité soit respectée. Elle a d'ailleurs lancé, en 2017, un espace permettant aux internautes de signaler d'éventuels manquements [3]. 
Ce n'est toutefois pas le cas dans tous les pays du monde : les cas de la Chine ou de la Corée du Nord sont bien évidemment emblématiques en la matière. Mais certains pays pourtant démocratiques n'ont pas inscrit ce principe dans leur législation et l'idée y fait même l'objet de débats : par exemple en Suisse [4] !
La menace la plus importante à l'heure actuelle vient cependant des Etats-Unis, pays des GAFA (Google, Apple, Facebook, Amazon). Dès son arrivée au pouvoir, Donald Trump avait en effet annoncé son intention de revenir sur le principe de neutralité du net adopté par son prédécesseur, faisant réagir associations et personnalités des médias pour le défendre [5]. Peine perdue : la Federal Communications Commission (FCC) a présenté, le 22 novembre, un projet d'abolition du principe de non-discrimination d'accès à Internet [6]. Ce projet aura automatiquement valeur de loi le 21 décembre, sauf si des députés s'en saisissent et que le Congrès vote son annulation [7]. Les associations et lobbies du net se mobilisent donc pour attirer l'attention de leurs élus et une manifestation est même prévue à Washington le 7 décembre [8]. 
Qu'en sera-t-il en France ? L'exemple états-unien fera-t-il école ? Si la décision du gouvernement Trump fait bien entendu le bonheur des grands fournisseurs d'accès à Internet et des GAFA, la réglementation européenne devrait normalement protéger les pays de l'Union européenne d'une telle évolution. Certains s'inquiètent néanmoins de l'influence normative que peut avoir un tel acteur sur la scène internationale [9]. 
L'Internet étant par définition mondial, nos voisins suisses, quant à eux, s'inquiètent de l'influence que ces changements aux Etats-Unis pourraient avoir pour tous [10].


Sources :

(1) "La neutralité du net", La Quadrature du net [en ligne] [consulté le 4 décembre 2017] <https://www.laquadrature.net/fr/neutralite_du_Net> 
(2) Réseau RITIMO, "Renforcer l'information indépendante et citoyenne dans le monde", Réseau associatif Ritimo [en ligne] 20 octobre 2017 [consulté le 4 décembre 2017] <https://www.ritimo.org/Renforcer-l-information-independante-et-citoyenne-en-France-et-dans-le-monde-1>
(3) "La neutralité de l'Internet", ARCEP [en ligne] 16 octobre 2017 [consulté le 4 décembre 2017] <https://www.arcep.fr/?id=9887>
(4) SCHWAAB Jean-Christophe, "Défendons la neutralité du net" [en ligne]. 12 juillet 2017 [consulté le 4 décembre 2017]. <http://www.schwaab.ch/archives/2017/07/12/defendons-la-neutralite-du-net-netneutrality/#more-2447>
(5) MANIERE Pierre, "Etats-Unis : bras de fer pour préserver la neutralité du net", La Tribune. [en ligne] 9 mai 2017 [consulté le 4 décembre 2017] <https://www.latribune.fr/technos-medias/etats-unis-bras-de-fer-pour-preserver-la-neutralite-du-net-708644.html>
(6) GUITTON Amaëlle, "Les Etats-Unis vers l'Internet à deux vitesses", Libération [en ligne]. 22 novembre 2017 [consulté le 4 décembre 2017] <http://www.liberation.fr/planete/2017/11/22/les-etats-unis-vers-l-internet-a-deux-vitesses_1611829>
(7) Le Monde, "Aux Etats-Unis, les défenseurs de la neutralité du net se tournent vers le Congrès", Le Monde [en ligne]. 23 novembre 2017 [consulté le 4 décembre 2017] <http://www.lemonde.fr/pixels/article/2017/11/23/aux-etats-unis-les-defenseurs-de-la-neutralite-du-net-se-tournent-vers-le-congres_5219285_4408996.html>
(8) LEDIT Guillaume, "Aux Etats-Unis, RIP Neutralité du net ?", Usbek & Rica [en ligne]. 23 novembre 2017 [consulté le 4 décembre 2017] <https://usbeketrica.com/article/etats-unis-fin-neutralite-du-net>
(9) LAUSSON Julien, "A quoi ressemblerait le web en France sans neutralité du net ?", Numerama [en ligne]. 12 juillet 2017, mis à jour le 22 novembre 2017 [consulté le 4 décembre 2017] <http://www.numerama.com/politique/275618-a-quoi-ressemblerait-le-web-en-france-sans-neutralite-du-net.html>
(10) GAUTSCHI Heidi et WADE Michael, "Washington annonce le démantèlement des règles relatives à la neutralité du net. Une menace ?", 24 Heures[en ligne]. 4 décembre 2017 [consulté le 4 décembre 2017] <https://www.24heures.ch/economie/sort-internet-dependil-etatsunis/story/16455145>

lundi 27 novembre 2017

Speed watching, speed reading: les «culturobèses»


La "révolution numérique" a profondément changé les usages en matière de culture et de loisirs. Dans un contexte d'hyper-offre, l'absorption accélérée de contenus sous toutes ses formes, engendre ce phénomène de culturobésité.  
      
Netflix ⇗
"Concernant la télévision, la délinéarisation des programmes a engendré de nouveaux modes de visionnage, ce que certains désignent comme l'empowerment du consommateur qui est de plus en plus en mesure de maîtriser l'organisation de son temps alors qu'il était, hier, captif des grilles de programmation." [1]  

Binge viewing, speed watching

Binge viewing ou marathon viewing ("visionnage boulimique" selon la Commission générale de terminologie et de néologie) est la pratique qui consiste à regarder la télévision ou tout autre écran pendant de plus longues périodes de temps que d'habitude, le plus souvent en visionnant à la suite les épisodes d’une même série [2]
Le speed watching est la pratique qui consiste à regarder les séries en augmentant la vitesse de défilement des images, regarder le maximum d'épisodes en peu de temps.

« L'intérêt pour ces deux pratiques est à mettre en lien avec la place des séries dans l'espace public, explique Claire Cornillon. On est face à une explosion de la médiatisation des séries ces dernières années, d'où un intérêt pour la manière dont les gens les regardent. On s'interroge désormais beaucoup plus sur la manière dont elles sont écrites, construites et reçues. » [3]

En quelques années, le phénomène de visionnage en rafale a atteint ses limites, car l’offre du secteur audiovisuel dépasse la capacité de consommation des téléspectateurs. « On fait comme les fabricants de chips. Ils ­ savent quels additifs mettre dans leur produit pour vous pousser à en manger encore plus. Nous, on fait en sorte que vous ­vouliez voir l’épisode suivant », ­déclarait, en 2013, Carlton Cuse, scénariste de la série Lost. [4] 
Face à cette avalanche informationnelle, l'injonction des pratiques sociales oppressantes et le besoin de se définir au travers de sa consommation culturelle, le téléspectateur est en panique.

Speed reading

« Lisez 500 pages par jour. C’est ainsi que se construit le ­savoir » une citation du milliardaire Warren Buffett. Mais tout le monde n’a pas forcément autant de temps à accorder à la ­lecture. Se cultiver plus en fournissant le moins d'efforts possible, telle est la devise de culturobèse.

Une multitude d'outils qui permettent de résumer des livres. Comme la Start-up Koober qui propose des condensés d'ouvrages "Koobs" ("books" à l'envers). D'autres, préfèrent prendre des raccourcis, comme se faire envoyer des anecdotes culturelles sur leur smartphone via le site Artips, à utiliser des applis de lecture rapide telles que Spritz.
Le ­culturobèse ne fait-il pas fausse route, confondant les patientes « humanités » avec le téléchargement sans limite de données ? « Avec Wikipédia s’est développée l’idée que le capital culturel était quelque chose qu’on pouvait acquérir presque par magie, ce qui est totalement faux. Pour réussir à constituer un ensemble de connaissances mobilisables, il faut suer sang et eau ! », confirme Jean-François ­Pépin, coauteur de l’excellent ouvrage 1 kilo de culture générale (PUF, 2014). [5]

Télévision, cinéma, radio, musique, lecture de livres, de journaux et de magazines, de bandes dessinées, sport, jeux vidéo, ordinateur, pratiques artistiques et écriture d’un journal intime... L’éventail des pratiques est large.
C'est donc plutôt une normalisation des comportements que l'on observe, dans laquelle le numérique occupe de plus en plus une place importante. [6]

Un agrégat de sujets différents : le "besoin d'avoir l'air", l'angoisse de ne pas pouvoir tout faire dans un monde trop rapide pour être efficace, et la facilité d'accès au savoir. Le monde change et notre pensée aussi. La culture se doit d'être proportionnelle à l'intelligence du sujet. Elle doit permettre de communiquer sa pensée et non pas la remplacer comme c'est trop souvent le cas.


Sources :



[1] CHARTRON Ghislaine, 2016, Édition et publication des contenus: regard transversal sur la transformation des modèles, in "publication, édition, éditorialisation", Editions De Bœck, 2016

[2] wikipédia - page «Bing watching». Disponible [en ligne] consultée le 27 novembre 2017.
URL: https://fr.wikipedia.org/wiki/Binge_watching

[3] Article sur Inaglobal, « Binge watching, speed watching : des pratiques qui changent les séries ?», [en ligne], mis en ligne le 25 septembre 2017, consultée le 27 novembre 2017. URL:
 http://www.inaglobal.fr/television/article/binge-watching-speed-watching-des-pratiques-qui-changent-les-series-9956

[4] Le Monde - page « Speed reading, speed watching, Wikipédia : la culture à grande vitesse ».10/03/2017 Disponible [en ligne], mis en ligne le 10 mars 2017, consultée le 27novembre 2017. URL:
[5]  Le Monde - page « Speed reading, speed watching, Wikipédia : la culture à grande vitesse ».10/03/2017 Disponible [en ligne], mis en ligne le 10 mars 2017, consultée le 27novembre 2017. URL:

[6] Pierre Mercklé et Sylvie Octobre, « La stratification sociale des pratiques numériques des adolescents », RESET [En ligne], 1 | 2012, mis en ligne le 30 décembre 2012, consulté le 13 décembre 2016. URL: http://reset.revues.org/129 ; DOI : 10.4000/reset.129






Le système d'information de l'ONU : un pari réussi ?

Comment est fabriquée et gérée l'information dans une organisation gigantesque comme l’ONU, qui regroupe 193 pays, emploie plus de 50000 personnes, qui a 6 langues officielles, 6 organes principaux, des centaines de commissions et sous-commissions ? C'est le pari que l'Organisation tente de relever depuis 2010 avec la mise en place progressive du système UMOJA.


Si l'Organisation des Nations Unis, créée en 1945 a pour finalité de mettre fin à la guerre et promouvoir la paix, on oublie parfois qu'un autre de ses objectifs est de fournir une plate-forme de dialogues entre les peuples. C’est pourquoi dès 1946, l'organisation s'est dotée d'un Système d'Information, en même temps que la création du département Information. Au départ, il est surtout là pour promouvoir le travail de l'organisation, puis progressivement permettre une aide à la prise de décision en interne. Il aussi intégré les médias des époques (radio, télévision, internet...). Aujourd'hui, l'information proposée par l'ONU est énorme, et pour la plupart, accessible via des bases de données et des sites, le plus souvent en accès libre et proposée en 6 langues.


En l'an 2000, les limites du système ont fait jour : il est couteux, difficile à maintenir, peu adapté à un monde de plus en plus connecté, alors qu'en parallèle, les missions et les responsabilités de l'ONU explosent.

 "Les divers organes et institutions emploient 53 000 personnes (en dehors des missions et des forces de maintien de la paix), dont 9 000 pour le Secrétariat de l’ONU. On fait remarquer à l’ONU que c’est autant que Disneyland et trois fois moins que McDonalds ! Mais la comparaison n’est peut-être pas pertinente…" [2]

La solution a été de mettre en place une intégration du SI basé sur une suite de progiciels intégrés de type ERP (Enterprise Resource Planning), comme le font les multinationales, pour fluidifier la circulation de l'information, et une gestion des ressources humaines, et des flux physiques et financiers de l'Organisation [1].

L'unification de la plupart des sous-systèmes en un seul système est en passe d'être finalisée, comprenant l'interopérabilité des progiciels utilisés et la standardisation des données et formats. Baptisé de façon emblématique "UMOJA" [3], (qui veut dire unité en langue Swalhili), en référence à l'Afrique et sa contribution. 

Ce projet de modernisation s'est accompagné de nombreuses sessions de formation destinées aux utilisateurs pour une meilleure appropriation. Reste à évaluer l'impact qu'il aura sur l'action de l'Organisation en elle-même.


Sources :

[1] Mayamou, Pascal Kengué. Comment fonctionne le système d'information de l'ONU. The Conversation, Publié le 22 octobre 2017, http://theconversation.com/comment-fonctionne-le-systeme-dinformation-de-lonu-85437 [Consulté le 27 novembre 2017]

[2] Maury, Jean-Pierre. Le système onusien. Pouvoirs, 2004/2 (n°109). https://www.cairn.info/revue-pouvoirs-2004-2-page-27.htm [Consulté le 27 novembre 2017]

[3] Site UMOJA.https://www.unumoja.net/display/publicfrench/Information+de+base [Consulté le 27 novembre 2017]

[4] Video "Dessine moi la société" : A quoi sert l'ONU. Le Monde, Publié en 29 juin 2017, http://www.lemonde.fr/international/video/2017/06/29/a-quoi-l-onu-sert-elle_5152957_3210.html [Consulté le 27 novembre 2017]

Pour aller plus loin : 
[5] Bidan, Marc. La petite histoire de la grande transformation des systèmes d'informations. The Conversation, Publié le 23 mars 2017,https://theconversation.com/la-petite-histoire-de-la-grande-transformation-des-systemes-dinformation-de-gestion-70823 [Consulté le 27 novembre 2017]

[6] Fall, Papa Louis. Les politiques et les pratiques en matière d'information et de communication dans le système des Nations Unis. Rapport Corps Commun d'Inspection, ONU. Publié en avril 2015, https://www.unjiu.org/fr/reports-notes/JIU%20Products/JIU_REP_2015_4_French.pdf [Consulté le 27 novembre 2017]

lundi 20 novembre 2017

Fake news : initiatives et difficultés des réseaux sociaux

Les réseaux sociaux  sont un vecteur essentiel de la diffusion de l'information. Leur influence est grande par le nombre de leurs utilisateurs, et la rapidité à communiquer sur l'actualité.  Il est donc nécessaire de faire attention à la véracité des articles et de trouver des solutions afin de lutter contre les "Fake News".

On entend par "Fake News" de fausses informations, relayées sur les réseaux sociaux ou par certains médias. Il est, cependant, difficile de trouver une définition satisfaisante de ce terme [1].

De nombreuses initiatives ont cependant été prises par les médias sociaux pour lutter contre les "Fake News" : indicateurs de confiance, vérificateur des sources, outils de "fact-checking", afin de vérifier si l'information et sa source sont fiables,  etc...

Nelly Lesage [2] montre bien cette volonté de se donner les moyens  de vérifier les faits ("fact-checking") en intégrant "un outil de vérification des sources mis au point par un consortium de journalistes. Cet indicateur prend la forme d'une icône indiquant si la source de l'information est réputée fiable." Il doit permettre à l'utilisateur de faire remonter l'information qui lui semble douteuse.

Le cas de Facebook est intéressant, compte tenu des difficultés pour faire la chasse aux articles douteux et à la désinformation. Son compte Facebook "Journalism Project" est un exemple de sa volonté d'impliquer les médias traditionnels, pour faire évoluer les usages et lutter contre la désinformation. Cependant, l'article du Guardian [3], repris par Ina Global [4] met en avant, ses difficultés, son manque de transparence sur le fonctionnement des outils utilisés, leur limite, leur efficacité et la difficulté à faire totalement disparaître les informations virales et à freiner la diffusion de fausses informations. Problèmes soulignés aussi par  Sylvain Rolland [5] qui montre bien que, si ces outils permettent de s'attaquer à la désinformation, ils  ne résolvent pas tout pour autant, laissant encore passer quelques fausses information entre les mailles du filet.

Pour l'instant, les résultats sont peu probants mais la voie reste ouverte à l'amélioration des outils.

Sources :
[1] Roland Gauron, «Fake news», un même terme pour plusieurs réalités, Le Figaro.fr, Service Infographie, 6 mars 2017, http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2017/03/06/01016-20170306ARTFIG00187-fake-news-un-meme-terme-pour-plusieurs-realites.php [Consulté le 23 novembre 2017]

[2] Nelly Lesage, "Google et Facebook lancent un « indicateur de confiance » contre les fake news", Numerama.com, 17 novembre 2017, http://www.numerama.com/tech/307104-google-et-facebook-adoptent-un-indicateur-de-confiance-contre-les-fake-news.html [consulté le 20 novembre 2017]

[3] Sam Levin, "Way too little, way too late': Facebook's factcheckers say effort is failing, The Guardian.com, 13 novembre 2017, https://www.theguardian.com/technology/2017/nov/13/way-too-little-way-too-late-facebooks-fact-checkers-say-effort-is-failing [consulté le 20 novembre 2017]

[4] Xavier Eutrope, "Zones d'ombre sur les initiatives de Facebook contre les fake news", Ina Global, Lu sur le web , 16 novembre 2017, http://www.inaglobal.fr/presse/lu-sur-le-web/zones-dombre-sur-les-initiatives-de-facebook-contre-les-fake-news [consulté le 20 novembre 2017]

[5] Sylvain Rolland,  "Facebook : derrière la communication, quelle efficacité contre les « fake news » ?, La Tribune.fr, 6 avril 2017, http://www.latribune.fr/technos-medias/facebook-derriere-la-communication-quelle-efficacite-contre-les-fake-news-680958.html [consulté le 20 novembre 2017]