jeudi 1 décembre 2016

Blockchain et efficacité énergétique : la smart grid de Brooklyn

A l’heure de la transition énergétique et du développement d’initiatives énergétiques alternatives, de nombreuses smart grids - réseaux de distribution d’électricité "intelligents" - voient le jour dans le monde. Focus sur le Brooklyn Microgrid, à New York, qui combine énergie propre et économie de partage.

De quoi s'agit-il ?

Le Brooklyn Microgrid est un projet pilote de système électrique décentralisé communautaire, qui facilite l’échange d'énergie sécurisé entre consommateurs, à l’échelle d’un quartier.

Lancé au printemps dernier par TransActive Grid, joint-venture composée de Lo3 Energy, société développant des systèmes décentralisés d’énergie solaire, et ConsenSys, startup spécialisée dans le bitcoin, il allie un micro réseau de distribution d’électricité à la technologie blockchain, afin de créer un marché local pour les crédits d'énergie renouvelable.
L'idée est de permettre aux particuliers de vendre leur surplus d’énergie entre voisins, sans intermédiaire, légalement et en toute sécurité grâce à la blockchain.

Comment ça marche ?

A l'aide de panneaux photovoltaïques posés sur les toits de plusieurs immeubles, et couplés à des systèmes de stockage, les bâtiments publics et résidentiels des alentours sont autonomes en énergie. Ils n’ont plus à s’approvisionner sur le réseau national.
L’échange d'énergie se fait en temps réel, sur de courtes distances et donc à moindre coût, en fonction des besoins et de la quantité d’électricité produite. Ce dispositif permet de réguler la consommation et de regagner une certaine autonomie face aux conditions météorologiques ou aux situations d’urgence.

Mais la nouveauté de cette expérience ne réside pas tant dans la production locale d’énergie que dans l’utilisation du système de la blockchain pour concrétiser cet objectif.

D'abord conçue pour le Bitcoin, la blockchain vient mettre ses garanties d'intégrité et de transparence au service de l'énergie intelligente. Cette technologie permet de stocker et transmettre les informations sans contrôle centralisé, via une base de données construite bloc après bloc, et partagée par ses utilisateurs sans intermédiaire. Sécurité et fiabilité des échanges sont ainsi garantis.

Concrètement, l’énergie, mesurée par des compteurs “smart meters”, est valorisée grâce à un système de jetons. Le producteur/consommateur disposant d’un excédent d’énergie peut le revendre en échange de jetons, échangeables ensuite localement.

Ce réseau local intelligent s’adosse à la plateforme Ethereum pour échanger de l’énergie de façon automatisée : les producteurs d’électricité  fixent eux mêmes leur prix, les acheteurs choisissent le volume d’énergie et le prix qui leur convient. Les transactions sont réalisées en peer-to-peer, à l’aide de smart contracts liant les usagers les uns aux autres.

Et après ?

A terme, l'objectif sera d’étendre ce premier réseau et de proposer une réelle alternative aux fournisseurs d’énergie traditionnels. Pour répondre à cette ambition, TransActive grid devra d’abord enrichir le système et améliorer sa puissance pour faire face à la croissance des consommateurs et faciliter la gestion des transactions.

Toutefois le changement est en marche, et les énergéticiens traditionnels devront rapidement composer avec ces communautés de consomm’acteurs, qui géreront de manière autonome leur production et consommation d’énergie. Nul doute qu'ils verront là l’opportunité de faire évoluer leurs business models en intégrant cette nouvelle donne.


Sources 

(1) GUERARD, Guillaume, NEHAI, Zeinab. Quand la Blockchain sert à s'échanger de l'électricité. THE CONVERSATION [en ligne]. Mis en ligne le 29/11/2016 [consulté le 01/12/2016]. http://theconversation.com/quand-la-blockchain-sert-a-sechanger-de-lelectricite-69512

(2) A New York, la blockchain partage l’énergie verte. Les Echos [en ligne] Mis en ligne le 03/11/2016 [consulté le 01/12/2016]. http://www.lesechos.fr/industrie-services/energie-environnement/0211459206747-a-new-york-la-blockchain-partage-lenergie-verte-2040175.php

(3) MARIE LUCE, Mickaëlle. Les nouveaux acteurs de la Blockchain. Blog UniVerDoc [consulté en ligne le 01/12/2016]. http://bloguniversdoc.blogspot.com/2016/01/blockchain-de-nouveaux-acteurs-veulent.html

Les jeunes américains et l'information : to believe or not to believe, that is the question !

Plus de 80% de jeunes américains ne savent pas discerner un article d'information d'un contenu sponsorisé


Le Stanford History Education Group (Etats-Unis) s'est interessé sur la capacité des élèves de collège, de lycée et d'université à évaluer la crédibilité de l'information qu'ils sont amenés à lire en ligne. Cette étude (1), publiée en Novembre 2016 et relayée par plusieurs médias (dont le Monde (2)), a ainsi analysé la réponse de 7804 élèves répartis sur 12 états américains.

Divers critères ont été instaurés pour juger de la compréhension d'une information et surtout de sa fiabilité, le tout dans un contexte réaliste : déterminer si une information relayée par Twitter est fiable, expliquer comment faire la distinction entre article d'information et communiqué commercial, s'interroger sur la crédibilité d'une photo publiée via un média social, ...
Ces critères ont été présentés aux élèves sous la forme d'exercices adaptés selon leur niveau scolaire.

Les résultats de cette étude ont démontré que 75% des élèves savaient faire la part entre un article et une publicité, arguments clairs à l'appui : "la petite croix bleue en haut à gauche m'indique qu'il s'agit d'une publicité" ; "il est écrit "Offre limitée dans le temps", c'est donc une publicité".

Cependant, plus de 80% des élèves n'ont pas su distinguer un article d'un contenu sponsorisé (appelé également "native advertising" en langage webmarketing) alors qu'il en est fait clairement mention. Une réponse particulièrement édifiante a même été mise en avant par l'étude : "il s'agit bien d'un article même s'il est écrit "Contenu sponsorisé"".

Ce n'est pas mieux quand il s'agit d'image...


Quant à l'information sous forme d'image, moins de 20% des élèves interrogés se sont posés la question de l'origine ou de la source - donc de la fiabilité - d'une photographie accompagnée d'une légende. 
Par ailleurs, 40% environ des élèves ont expliqué que la photographie était, en soi, l'élément qui prouvait la véracité de la légende... démontrant ainsi qu'ils ne remettaient pas non plus en cause la légende. 

La question de l'éducation à la lecture d'une information


Ces résultats posent évidemment la problématique de l'éducation à la lecture d'une information.
Le développement de l'internet et surtout la démocratisation de son accès ont été tels que les plus jeunes n'ont eu ni le temps ni l'occasion d'être sensibilisés à la démarche de prise de recul face à une information, qu'elle soit écrite, imagée, ou filmée.

Cette étude illustre bien que notre responsabilité en tant que parent, enseignant, ou tout simplement adulte est d'aider les plus jeunes à acquérir un esprit critique, dans l'espoir que la génération future ne devienne pas des "naïve in advertising" face aux "native advertising". 

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Sources : 

(1) Stanford History Education Group. Evaluating information: the cornerstone of civic online reasoning. Mis en ligne le 21 novembre 2016. [Consulté le 01/12/2016]. 
https://sheg.stanford.edu/upload/V3LessonPlans/Executive%20Summary%2011.21.16.pdf

(2) Le Monde, par Morgane Tual. Fausses informations en ligne : les adolescents « facilement dupés », selon une étude. Mis en ligne le 23 novembre 2016. [Consulté le 01/12/2016].
http://www.lemonde.fr/pixels/article/2016/11/23/fausses-informations-en-ligne-les-adolescents-facilement-dupes-selon-une-etude_5036468_4408996.html#k13mPQwPpxFDfSSd.99


mardi 29 novembre 2016

L’archivage du Web français : un enjeu majeur pour la mémoire collective et la recherche

En 2016 la France fête un double anniversaire : la Bibliothèque nationale de France (BnF) et l'Institut national de l'audiovisuel (INA) célèbrent les 10 ans de la réforme sur le dépôt légal et les 20 ans des archives du Web français

 

C’est en effet en 1996 - grâce à l’initiative teintée d’utopie de Brewster Kahle qui crée aux États-Unis la Fondation Internet Archive - que le Web devient l’objet d’un travail d’archivage systématique. La première récolte concerne les sites de l’élection présidentielle américaine de 1996. Pour moissonner le Web mondial, Brewster Kahle développe un logiciel ("crawler") capable d’explorer automatiquement le Web dans sa globalité et de stocker des copies des pages visitées [1].  
En France l’initiative est prise par les institutions publiques: la BnF commence son activité en collectant les sites de l’élection présidentielle de 2002, pour élargir ensuite les thèmes de son archivage.

Le cadre légal

 

La loi relative aux droits d'auteurs et aux droits voisins dans la société de l'information (DAVDSI) du 1er août 2006 étend le dépôt légal français aux publications sur le Web : il s'agit du dépôt légal numérique. La loi précise aussi les domaines d'intervention de l'INA et de la BnF. Le premier se charge, dans le respect de sa mission institutionnelle, de l'archivage des sites des médias audiovisuels; la BnF s'occupe du domaine ".fr" et, en collaboration avec l’Association Française pour le Nommage Internet en Coopération (AFNIC) et la Fondation Internet Archive, répertorie tous les sites français (".com", ".org", ".net" etc) [2]. Aujourd'hui la mémoire du Web français est stockée à la BnF ou reposent 668 Téraoctets d'archives, soit 26 milliards de fichiers. L'INA gère une quantité moins massive de données (14.000 sites) mais effectue un travail de collecte quotidien. 

Un enjeu méthodologique majeur pour les professionnels du secteur…

 

Archiver le Web dans un lieu où les pratiques professionnelles sont nées dans la culture du papier peut s’avérer difficile. Des nouvelles questions se posent par rapport aux critères de sélection : quelle approche faut-il privilégier entre une collecte intégrale, exhaustive, sélective, thématique ? Le dynamisme généralisé du Web impose la question de la fréquence de l’archivage, la multiplicité des contenus, la nécessité de leur curation, etc. Il s'agit donc d’opérer des choix raisonnés qui puissent assurer une représentativité de la diversité et de l’évolution du Web car, en organisant la masse gigantesque de ses contenus, les institutions et les professionnels construisent la mémoire collective de demain.

… au profit des chercheurs et de la société, entre ouverture et contraintes

 

La BnF et l’INA, en archivant le Web français, offrent aux chercheurs d’autres ressources pour étudier l’histoire et l’évolution de notre société [3]. Mais si Internet Archive aux États-Unis a lancée en 2001 la Wayback Machine, un outil qui permet aux internautes de naviguer librement dans ses archives, en France ce patrimoine numérique reste consultable uniquement dans les bibliothèques, car les archives du Web sont protégées par le code du patrimoine et le droit d’auteur, ce qui les empêche d’être accessibles gratuitement en ligne.  



Pour en savoir plus sur les développements  des Archives du Web à l’international...
cf. le site web de l’IIPC - International Internet Preservation Consortium (http://www.netpreserve.org/) qui regroupe environ une cinquantaine d'institutions d’archivage du Web, ainsi que le site web de l'Internet Archive (https://archive.org/index.php)


...et en France
cf. la page officielle du projet Archive de l'Internet de la BnF, mise à jour le 22 janvier 2016 et consultée le 26 novembre 2016


Sources: 

[1] Vingt ans d’archivage du Web : les coulisses d’un projet titanesque
Article publié par Morgane Tual le 26/10/2016 sur le site de Le Monde et consulté en ligne le  29 novembre 2016
(http://www.lemonde.fr/pixels/article/2016/10/26/vingt-ans-d-archivage-du-web-un-projet-titanesque_5020433_4408996.html)

[2] L’archivage du web : un outil pour comprendre Internet
Article publié par Alexandre Foatelli le 22/11/2016 sur le site de l’INA et consulté en ligne le 29 novembre 2016
(http://www.inaglobal.fr/numerique/article/l-archivage-du-web-un-outil-pour-comprendre-internet-9386?tq=7)

[3] L'archivage du web, futur trésor archéologique de la BNF
Article publié par Raphaële Karayan le 24/11/2016 sur le site de l’Express et consulté en ligne le 29 novembre 2016

jeudi 24 novembre 2016

L'e-administration a le vent en poupe, mais attention au risque d'exclusion sociale

Selon le baromètre 2016 de l'e-administration réalisé par Ipsos pour Sopra Steria (1), les Français sont de plus en plus séduits par l'administration numérique, mais restent vigilants sur les domaines de la justice et de la police. Autre enjeu crucial : le besoin de médiation humaine.

Administration électronique, les Français sont quasiment convertis !

A l'occasion de la publication de cette étude, Archimag (2) fait le point sur la perception des Français face au développement de l'e-administration :
  • 88 % des personnes interrogées se déclarent prêtes à utiliser les services en ligne proposés par l'administration. 
  • 70 % d'entre elles estiment "avancé" le développement des services publics numériques contre 59% en 2015, soit 11 points de progression.
  • 85 % des Français souhaitent voir la création d'un guichet unique en ligne pour des services numériques personnalisés.  
Si la déclaration des revenus en ligne (jugée avancée par 86% des Français) emporte le maillot jaune de l'e-administration, certains domaines sont à la traîne, notamment l'état-civil et la santé (40 % et 32%). En queue de peloton, les services en ligne dédiés à la justice et à la police accusent un retard, 29 % seulement estimant qu'ils sont suffisamment développés. 

Une exigence croissante en matière de sécurité des données personnelles 

65% des Français ont confiance dans la capacité des pouvoirs publics à assurer la sécurité et la confidentialité de leurs données personnelles. Leur niveau d'inquiétude sur l'accès aux données a sensiblement baissé. A la question "craignez-vous que quelqu'un d'autre que vous n'accède aux données renseignées ?", 42 % répondent "oui" en 2016 contre 52 % en 2015.

Néanmoins, près d’un tiers des Français attend un service client en appui, afin d’être accompagné en cas de problème. 

Le CNNum partage cette vigilance et alerte sur la nécessité d'un accompagnement dans une tribune publiée le 22 novembre 2016 dans Libération (3).

La dématérialisation sans accompagnement humain, facteur d'accélération de l'exclusion sociale selon le CNNum.

Si les TIC permettent de créer des services publics plus efficaces, réactifs et personnalisés, la médiation humaine et l'accessibilité sont encore trop souvent oubliées au moment de leur conception.

Conséquence : que l'on soit précaire, mal à l’aise avec le numérique ou même "digital native", on peut aujourd’hui être bloqué dans des circuits administratifs si l’on ne rentre pas dans les cases du formulaire. Le profil d’utilisateur moyen n’existant pas, il est donc essentiel de maintenir une "médiation humaine décloisonnée, personnalisée, outillée et valorisée, destinée à garantir l’accès de tous aux droits et aux services essentiels, partout sur le territoire".
Le CNNum conclut en soulignant que l'accompagnement représente, avec la formation durant toute la vie, l’infrastructure humaine essentielle d’une société numérique.

Sources :

(1) SOPRA STERIA et IPSOS. Baromètre Digital Gouv' 2016. www.soprasteria.com [en ligne]. Mis en ligne le 15 novembre 2016 [consulté le 24 novembre 2016]. https://www.soprasteria.com/fr/media/publications/barometre-digital-gouv-2016 
Le baromètre Digital Gouv pan-européen a été réalisé au mois de septembre 2016 dans quatre pays (France, Allemagne, Norvège et Royaume-Uni) par l'institut Ipsos pour le compte de la société Sopra Steria, leader européen de la transformation numérique. Près de 4 000 personnes ont été interrogées soit environ 1 000 personnes dans chacun de ces pays. 

(2) TEXIER, Bruno. Baromètre 2016 de l'e-administration : les Français de plus en plus séduits. www.archimag.com [en ligne]. Mis en ligne le 23 novembre 2016 [consulté le 24 novembre 2016]. http://www.archimag.com/demat-cloud/2016/11/23/barometre-2016-e-administration-fran%C3%A7ais-de-plus-en-plus-seduits 

(3) MAHJOUBI Mounir, PENE Sophie Pène, MAMOU MANI Guy, TALEB Amal, ainsi que des membres et anciens membres du CNNum, l'ancienne vice-présidente du CNNum, le secrétaire général au CNNum et des rapporteurs au CNNum. L'administration numérique ne doit pas accélérer l'exclusion sociale. www.liberation.fr [en ligne]. Mis en ligne le 22 novembre 2016 [consulté le 24 novembre 2016]. http://www.liberation.fr/debats/2016/11/22/l-administration-numerique-ne-doit-pas-accelerer-l-exclusion-sociale_1530177 

Vos données indiquent quel genre d’humain vous êtes

A l’occasion de la sortie de Watch dogs 2, jeu vidéo dans l’univers des hackers, Ubisoft le plus gros éditeur de jeux vidéo français, a mis en ligne une expérience interactive « Predictive World »,  avec pour idée de montrer l’emprise du Big Data sur nos vies. (4)
Conçu en partenariat avec le « Psychometrics Centre de L’université de Cambridge », Predictive World est un site internet se basant sur des algorithmes prédictifs pour établir gratuitement votre profil numérique et prédire votre avenir grâce à votre profil Facebook et à votre localisation. (1)

Predictive World, une analyse prédictive de votre profil
Predictive World est capable de fournir plus de 60 prédictions à votre sujet. Après une connexion à l’application Facebook, le site récupère un maximum d’informations et les étoffe en fonction de vos choix : quel type de profil vous correspond le mieux ? Quel type de voiture conduisez-vous ? Autant de propositions utilisées ensuite pour calculer votre stabilité émotionnelle, vos revenus moyens, votre espérance de vie, votre consommation d’alcool, de drogue, de tabac…(3)


Big Data et confidentialité des données
Cette expérience pose forcément la question de la confidentialité des données et de leur utilisation à grande échelle. Et si la somme de ces 5 milliards de gigaoctets de données que vous générez chaque jour tombait entre de mauvaises mains ? Ou sans aller jusque-là, entre celles de votre assureur, banquier ou futur employeur ? (3)

Sécuriser ses échanges ou ses partages
Un petit test facile vous permet de savoir ce que Google sait de vous. Spécialiste du multimédia, le bibliothécaire Thomas Fourmeux vient de publier sur son blog « Biblio Numericus » un article d'Alison Macrina, du Library Freedom Project, donnant une boîte à outils pédagogique en 7 étapes pour sécuriser vos données sur votre smartphone : modification de vos paramètres, chiffrage de vos communications, choix de votre navigateur, protection du tracking publicitaire, utilisation d’un réseau privé VPN…(5)

Pour aller plus loin, le lanceur d’alerte Edward Snowden a livré quelques-uns des logiciels qu’il utilise : L’application de messagerie en open source Signal (disponible sur iOS et sur Android et développée par Open Whisper Systems) permettant de recevoir et d’envoyer des SMS chiffrés et de passer des appels sécurisés.
Et pour ceux qui chercheraient à effacer des données qui pourraient se révéler ennuyeuses lors d’une recherche d’emploi il existe aussi des solutions : Supprimer les dernières activités sur Facebook en passant par la rubrique « historique personnel » de l’application ou utiliser Tweet Eraser pour faire le ménage dans ses derniers tweets. (2)

Predictive World…envie de tester l’expérience …?

Sources  

(1) JOST, Clémence. Ce qui se cache derrière Predictive World, cet outil gratuit qui prédit votre avenir grâce à votre profil Facebook. ARCHIMAG [en ligne]. Mis en ligne le 14 novembre 2016. [Consulté le 24/11/2016]. http://www.archimag.com/univers-data/2016/11/14/predictive-world-outil-gratuit-prediction-avenir-profil-facebook

(2) TIBERGUIEN, Perrine. Big Data et confidentialité : Zoom sur Predictive World. CCM [en ligne]. Mis en ligne le 14 novembre 2016. [Consulté le 24/11/2016].
http://www.commentcamarche.net/news/5869005-big-data-et-confidentialite-zoom-sur-predictive-world


(3) RAKOTONDRABE, Andy. Predictive World, un service qui illustre les dangers du Big Data. Fedzone  [en ligne]. Mis en ligne le 12 novembre 2016. [Consulté le 24/11/2016]. http://www.fredzone.org/predictive-world-ubisoft-watch-dogs-2-883


(4) EVENO, Flora. Predictive World, ce que les machines savent de nous. RTBF.be  [en ligne]. Mis en ligne le 16 novembre 2016. [Consulté le 24/11/2016]. https://www.rtbf.be/culture/dossier/chroniques-culture/detail_predictive-world-ce-que-les-machines-savent-de-nous?id=9456587


(5) JOST, Clémence. 7 astuces faciles pour protéger votre vie privée sur votre smartphone. ARCHIMAG [en ligne]. Mis en ligne le 2 décembre 2015. [Consulté le 24/11/2016]. http://www.archimag.com/vie-numerique/2015/12/02/7-astuces-faciles-proteger-vie-privee-smartphone

mardi 22 novembre 2016

La loi numérique et nos données personnelles

La Loi pour une République numérique du 7 octobre 2016 est parue au Journal Officiel du 8 octobre 2016, et devance sur certains aspects le Règlement européen sur la protection des données personnelles qui doit entrer en vigueur en mai 2018.
Si certaines dispositions doivent attendre la publication de décrets d'applications, d'autres, en revanche, sont applicables dès aujourd'hui.

Ainsi, il a été mis en place de nouveaux droits pour tous les citoyens :
  • Une personne peut maîtriser ses données :
    L'article 1er de la Loi Informatique et liberté est renforcé.
    Chacun a le pouvoir de choisir et de maîtriser l'utilisation des données personnelles le concernant dans les limites et conditions fixées par la loi.
  • Un effacement des données pour les mineurs,
    Toute personne, mineure au moment de la collecte, peut demander l'effacement de ses données personnelles. Ce droit à l'oubli doit être effectué dans un délai d'un mois à compter de la demande.
    Mais la loi prévoit des exceptions, notamment pour protéger la liberté d'expression, pour des motifs d'intérêts publics ou si ces données sont nécessaires à une action en justice.
  • La possibilité de prévoir le destin de ses données après sa mort.
    En effet, il est maintenant possible de prendre des directives concernant la gestion de ses données personnelles et de désigner un "exécuteur testamentaire" le cas échéant. Si aucune volonté n'a été prise, les héritiers ont un droit de regard sur l'administration de ces éléments.
  • La possibilité d'exercer ses droits par voie électronique "lorsque cela est possible"
Il a aussi été mis en place une information sur la durée de conservation des données en plus des dispositions relatives à la collecte de celles-ci.

Les pouvoirs de la CNIL sont renforcés et étendus. Il est prévu que cette autorité puisse ordonner le paiement d'amendes allant jusqu'à 3 millions d'€ (au lieu de 150 000 € auparavant). Ses capacités de punitions ont été accentuées et tendent à s'aligner sur les amendes du règlement européen à venir. De plus, elle devra être consulter pour tout projet de loi portant sur les données personnelles ou leur traitement et ces recommandations devront être rendues publiques.

L'ouverture des données publiques est fortement encouragée.
Désormais, il ne s'agit plus seulement d'avoir la possibilité d'accéder aux données publiques mais plus globalement d'ouvrir celles-ci le plus largement possible. La CNIL va aussi se rapprocher de la CADA (Commission d'accès aux documents administratifs) à travers une collaboration plus large.

CNIL, Ce que change la loi pour une République numérique pour la protection des données personnelles, [en ligne] mis en ligne le 17 novembre 2016 [consulté le 22 novembre 2016]
< https://www.cnil.fr/fr/ce-que-change-la-loi-pour-une-republique-numerique-pour-la-protection-des-donnees-personnelles>

La lutte contre les fausses informations : Google et Facebook impactés par ce phénomène


Suite aux élections américaines du 8 novembre 2016, Google et Facebook sont pointés du doigt. Ils auraient laissé circuler de fausses informations et auraient favorisé l'élection du 45° président des États Unis, Donald Trump. Google et Facebook tentent de réagir face à ces dénonciations. Comment vont-ils lutter contre cet évènement ? Quels en sont les enjeux et les stratégies adoptées ? Que vont-ils mettre en place ?

Google et Facebook tentent de se défendre contre l'ensemble des accusations diverses portées à leur égard et ils vont prendre des séries de mesures drastiques pour lutter contre ce phénomène.

Tout d'abord, Facebook prend conscience de la gravité de la situation et désire avant tout éradiquer de son réseau social toute information fausse. Et pour cela, il tente de mettre en place des alertes sur des articles afin de prévenir de toute information suspecte et de favoriser son signalement. Il veut collaborer avec la presse pour mieux comprendre ses systèmes de vérification des informations.

Ensuite Google va plus loin et ajoute des sanctions importantes. Il désire notamment supprimer les recettes publicitaires pour tout site présentant de la fausse information. "Nous allons commencer à interdire les publicités de Google sur les contenus trompeurs, de la même manière que nous interdisons les publicités mensongères", a ainsi expliqué Google à l'AFP.

En parallèle, Facebook rejoint la même optique que Google et ne diffuserait pas de publicités par l'intermédiaire de son réseau Audience Network. Mark Zuckerberg annonce: « Une grande part de la désinformation est motivée par une exploitation financière du spamming ».

Sources :

ELYAN, Jean. Pour écarter les fausses news, Facebook mise sur des vérificateurs. [en ligne]. Mis en ligne le 21 novembre 2016. [Consulté le 22/11/2016]. <http://www.lemondeinformatique.fr/actualites/lire-pour-ecarter-les-fausses-news-facebook-mise-sur-des-verificateurs-66566.html>.

SETRA. Facebook se défend d’avoir aidé Donald Trump à devenir président des USA. [en ligne]. Mis en ligne le 14 novembre 2016. [Consulté le 22/11/2016]. <http://www.presse-citron.net/facebook-se-defend-davoir-aide-donald-trump-a-devenir-president-des-usa/ >.

AFP. Google et Facebook déclarent la guerre aux fausses informations. Avec quels moyens ? [en ligne]. Mis en ligne le 16 novembre 2016. [Consulté le 22/11/2016]. <http://www.sciencesetavenir.fr/politique/google-et-facebook-declarent-la-guerre-aux-fausses-informations-avec-quels-moyens_108172>.