lundi 20 novembre 2017

Fake news : initiatives et difficultés des réseaux sociaux

Les réseaux sociaux  sont un vecteur essentiel de la diffusion de l'information. D'autant plus important par le nombre de consultations et par la rapidité de la transmission de l'actualité.  Il est donc utile de faire attention à la véracité des articles et de trouver des solutions afin de lutter contre les fake news.

Les cas de Facebook et Google sont  intéressants, compte tenu des difficultés rencontrées pour faire la chasse aux articles douteux.  De nombreuses initiatives ont été prises : indicateurs de confiance, vérificateur des sources, outils de"fact-checking", afin de vérifier si l'information et sa source sont fiables,  etc...

L'article du Guardian met en avant le cas particulier de Facebook, ses difficultés, son manque de transparence sur le fonctionnement des outils utilisés, leur limite, leur efficacité et la difficulté à faire totalement disparaitre les informations virales et à freiner la diffusion de fausses informations.

Références : 

Xavier Eutrope, "Zones d'ombre sur les initiatives de Facebook contre les fake news", Ina Global, Lu sur le web , 16 novembre 2017, http://www.inaglobal.fr/presse/lu-sur-le-web/zones-dombre-sur-les-initiatives-de-facebook-contre-les-fake-news [consulté le 20 novembre 2017]

Sam Levin, "Way too little, way too late': Facebook's factcheckers say effort is failing, The Guardian.com, 13 novembre 2017, https://www.theguardian.com/technology/2017/nov/13/way-too-little-way-too-late-facebooks-fact-checkers-say-effort-is-failing [consulté le 20 novembre 2017]

Nelly Lesage, "Google et Facebook lancent un « indicateur de confiance » contre les fake news", Numerama.com, 17 novembre 2017, http://www.numerama.com/tech/307104-google-et-facebook-adoptent-un-indicateur-de-confiance-contre-les-fake-news.html [consulté le 20 novembre 2017]

Sylvain Rolland,  Facebook : derrière la communication, quelle efficacité contre les « fake news » ?, La Tribune.fr, 6 avril 2017, http://www.latribune.fr/technos-medias/facebook-derriere-la-communication-quelle-efficacite-contre-les-fake-news-680958.html [consulté le 20 novembre 2017]

Pour aller plus loin : 

Louis Merzeau, Les fake news, miroir grossissant de luttes d’influences, Ina Global, 19 mai 2017 (mise à jour 31 mai 2017), http://www.inaglobal.fr/idees/article/les-fake-news-miroir-grossissant-de-luttes-d-influences-9713, [consulté le 20 novembre 2017]

Sylvain Rolland,  Facebook : derrière la communication, quelle efficacité contre les « fake news » ?, La Tribune.fr , 6 avril 2017, http://www.latribune.fr/technos-medias/facebook-derriere-la-communication-quelle-efficacite-contre-les-fake-news-680958.html [consulté le 20 novembre 2017]

La liberté sur internet : Freedom House publie son rapport "Freedom on the net 2017"

Freedom House est une organisation non gouvernementale (ONG) fondée en 1941 et basée à Washington, dédiée au développement de la liberté et de la démocratie dans le monde. 
Celle ci vient de publier son rapport "Freedom on the net" [1] pour la 7ème année consécutive, dans lequel elle fait état d'un déclin de la liberté d'accès et de la liberté d'expression sur le net. 

Depuis 3 ans, la Chine est le pays où l'ONG constate le plus d'abus en terme de privation de liberté sur internet. 

Plusieurs raisons peuvent expliquer ce recul général, parmi lesquelles : 
- l'accroissement du nombre de contenus retirés, bloqués ou censurés (à titre d'exemples, des propos portant atteinte au pouvoir en place ou à une religion) ;
- le développement des "lois de surveillance".

La réaction de la presse suite à la publication du rapport se concentre sur la "manipulation des réseaux sociaux par les États" [2]. 18 élections dans le monde auraient été marquées par une désinformation et une manipulation sur Twitter, Facebook ou Google, via des comptes automatisés.
Ces pratiques ne seraient pas observées uniquement dans les régimes dictatoriaux [3]. 59% des internautes ne seraient pas totalement libres de circuler sur le net. 

La France fait partie des 65 pays étudiés par Freedom House dans le cadre de cette publication. L'ONG lui attribue une note de 26/100, la rangeant dans la catégorie des pays "libres"[4].
Les constats sont notamment les suivants [5] : 
- des communications auraient "fuité" sur Emmanuel Macron dans le cadre de la campagne présidentielle de 2017, afin de "déstabiliser la course" ;
- l'augmentation des demandes de suppression de contenus pro-terroristes ;
- l'introduction de nouvelles dispositions au sujet "de la neutralité du net et de la protection des données" dans la loi pour une République numérique de 2016.

Même si l'ONG classe la France parmi les pays "libres" avec l'attribution de la note 26/100 (0 correspondant à une liberté totale et 100 correspondant à l'absence de liberté), la France connaîtrait un recul global de la liberté sur le net depuis plusieurs années. Elle s'était vue attribuer la note de 20/100 en 2013 et 2014.


Sources :

[1] Freedom House. Freedom on the net 2017. Novembre 2017. Disponible en ligne : [consulté le 20 novembre 2017] <https://freedomhouse.org/sites/default/files/FOTN_2017_Final.pdf>

[2] Lelievre, Adrien. La Manipulation des réseaux sociaux par les États s'industrialise. En ligne sur LesEchos.fr. Publié le 14 novembre 2017 : [consulté le 20 novembre 2017] <https://www.lesechos.fr/tech-medias/medias/030871237768-la-manipulation-des-reseaux-sociaux-par-les-etats-sindustrialise-2130062.php>

[3] Bilem, Vincent. Rapport alarmant d'une ONG : de plus en plus de pays manipulent les réseaux sociaux. En ligne sur lesinrocks.com. Publié le 14 novembre 2017 : [consulté le 20 novembre 2017] <http://www.lesinrocks.com/2017/11/14/actualite/rapport-alarmant-dune-ong-de-plus-en-plus-de-pays-manipulent-les-reseaux-sociaux-111008892/>

[4] Freedom House. Freedom on the net 2017 France. Novembre 2017. Disponible en ligne : [consulté le 20 novembre 2017] <https://freedomhouse.org/sites/default/files/FOTN%202017_France.pdf>

[5] Lausson, Julien. L'Internet en France jugé encore un peu moins libre qu'avant. En ligne sur numerama.com. Publié le 14 novembre 2017 : [consulté le 20 novembre 2017] <http://www.numerama.com/politique/306059-linternet-en-france-juge-encore-un-peu-moins-libre-quavant.html>

lundi 13 novembre 2017

L'IA ou "l'Enjeu du siècle"

60 ans après la parution de  La Technique ou l'Enjeu du siècle, un essai dans lequel Jacques Ellul traite du changement de nature de la technique dans la société, où la technique serait devenue "un processus autonome auquel l'homme est assujetti"[1], la question posée  n'a rien d'obsolète. Au contraire, le développement de nouvelles technologies et notamment celui de l'intelligence artificielle, nourrit des peurs et des inquiétudes sur l'avenir de l'Homme : sera-t-il finalement dépassé par la machine ? L'opinion public s'intéresse à cette question. 

Dans le sillage de la parution du rapport Anticiper les impacts économiques et sociaux de l'intelligence artificielle [2] en mars dernier, de nombreuses discussions, conférences et séminaires sur le sujet d'intelligence artificielle auront lieu en novembre et décembre : autant d’occasions de conjurer les peurs et d’y voir plus clair sur un sujet aussi en vogue que souvent mystifié. 

Dans le cadre des Entretiens du nouveau monde industriel 2017, l'Association internationale pour une politique industrielle des technologies de l'esprit nous invite à participer les 19 et 20 décembre aux quatre sessions de discussions sur le sujet "Bêtise et intelligence artificielles" [3]. 

Du 13 novembre au 11 juin 2018, Antonio A. Casilli, maître de conférences à Telecom ParisTech (IIAC-CEM), propose un séminaire intitulé "Étudier les cultures du numérique : approches théoriques et empiriques", où sera dressé "un panorama des études contemporaines les plus innovantes et les plus significatives dans le domaine des humanités numériques et de la sociologie des usages des technologies de l'information et de la communication"[4]. Plusieurs séances seront consacrées à l'intelligence artificielle : la séance inaugurale tout spécialement, animée par Antonio A. Casilli en personne le 13 novembre [5], et la séance du 2 février 2018, où l'invité Jean-Gabriel Ganascia (Université Pierre et Marie Curie) traitera le sujet de "Singularité : les mythes transhumanistes à l'épreuve de la recherche sur l'intelligence artificielle".
Le 14 novembre l’Association pour le Développement de l’Informatique Juridique (l'ADIJ) organise une conférence sur le thème "Le corps, nouvel objet connecté ?". Dans le cadre de cette conférence David Gruson, membre du Conseil exécutif de la Chaire santé de Sciences Po PARIS, discutera du sujet "Les robots et l’intelligence artificielle vont-ils décider de l’avenir de nos corps ?" [6]
 
Une journée de formation (payante), également traitant les questions juridiques liées à l'intelligence artificielle, sera organisée le 29 novembre : il s'agit de deuxième édition Technolex sur le thème "Disruption digitale et le droit. Convaincre, rassurer, innover". Au programme : "4 ateliers le matin, 2 séances plénières l’après-midi, 7h de formation et plus de 30 intervenants."
 
Enfin, le 5 et le 6 décembre  GFII organise le forum annuel, consacré à l'intelligence artificielle : "Intelligence artificielle : mythes et réalités pour l'industrie de l'information spécialisée" [7]. Ces deux jours permettront de "mieux comprendre les impacts de l'IA sur l'industrie de la connaissance, et de de dépasser l'IA washing".
 
A vos agendas !

[1]  La Technique ou l'Enjeu du siècle, https://fr.wikipedia.org/wiki/La_Technique_ou_l%27Enjeu_du_si%C3%A8cle [consulté le 13/11/2017]

[2] HINDI Rand, JANIN Lionel (dir.), Anticiper les impacts économiques et sociaux de l’intelligence artificielle, Paris : France Stratégies, 2017, en ligne http://www.strategie.gouv.fr/sites/strategie.gouv.fr/files/atoms/files/rapport-intelligence-artificielle-ok.pdf [consulté le 13/11/2017]

[3] Pour en savoir plus : http://arsindustrialis.org/entretiens-du-nouveau-monde-industriel-2017 [consulté le 13/11/2017]
 
[4] Pour en savoir plus : https://enseignements-2017.ehess.fr/2017/ue/240/ ; [consulté le 13/11/2017]

[5] CASILLI Antionio, A. "[Séminaire #ecnEHESS] Antonio Casilli : Intelligences artificielles et travail des plateformes (13 nov. 2017)" en ligne http://www.casilli.fr/2017/11/04/seminaire-ecnehess-antonio-casilli-intelligences-artificielles-et-travail-des-plateformes-13-nov-2017/ [consulté le 13/11/2017]
 
[6] Le programme de cette conférence : http://www.adij.fr/2017/10/28/conference-le-corps-nouvel-objet-connecte-mardi-14-novembre-2017/  [consulté le 13/11/2017]
[7] Pour en savoir plus sur ce forum : http://forum.gfii.fr/c/forum-du-gfii-2017

Travail nomade, réunion virtuelle avec quel outil ?

Aujourd'hui, le chef de projet est confronté au nomadisme de ses collaborateurs. Il lui est difficile de réunir l'ensemble de son équipe à un jour, heure et une salle donnés. La question se pose :  quel outil vais-je utiliser ?


L'outil collaboratif doit pouvoir créer une salle de réunion et inviter x collaborateurs en même temps avec un flux vidéo correct.
Deux outils  sélectionnés :

1   Daily :  un outil en ligne facile d'utilisation, qui vous personnalise le nom de la salle de réunion virtuelle permanente avec une adresse URL unique. Vous pouvez ajouter des nouvelles salles et vous pouvez choisir les modes d'accès de vos collaborateurs. De plus, c'est un outil gratuit. [1]


2 Team Talk :  un outil qui vous permet de tenir une réunion avec une adresse URL unique, et un simple lien suffit pour que vos collaborateurs se joignent à la réunion.  Mais celui-ci est fait pour un petit groupe. L'outil permet aussi de partager son écran, d'échanger des fichiers et un tchat.
 Cet outil est payant avec une tarification à la réunion ou par abonnement. [2]


Sources :

[1]  DAILY "réunions et appels en vidéo pour le travail collaboratif" by  · Published · Updated

[2] Team Talk "un espace de réunion en ligne pour le travail collaboratif" by · Published · Updated [consulté le 13/11/2017] . <https://outilscollaboratifs.com/2017/09/teamtalk-un-espace-de-reunion-virtuel-pour-le-travail-en-equipe/>


jeudi 9 novembre 2017

Les bibliothèques, des institutions cruciales dans nos communautés


Avec la montée en puissance du numérique et l'évolution des pratiques culturelles et des demandes sociales, les bibliothèques sont en constante mutation. A l'ère du Big Data, elles vont pouvoir se plonger dans la visualisation de données avec l'arrivée de la datavisualisation et communiquer efficacement sur leurs activités en n'oubliant pas la notion de service, rendu sur place ou en ligne, qui prend une place de plus en plus importante.

Comme en témoigne le blog de Christian Lauersen, directeur de bibliothèques danois, intitulé Le Laboratoire de la Bibliothèque (1), on assiste à la croissance de nouveaux lieux. Pour lui, "les bibliothèques sont associées à des espaces d'apprentissages, d'éducation, de recherche et d'activités culturelles".
Il vient de publier, le 17 octobre 2017, sur son blog, quelques réflexions sur la bibliothèque en tant que lieu et marque : Pourquoi viennent-ils ? (2). Il explique que les conditions pour les étudiants, et surtout dans l'enseignement supérieur, ont  radicalement changé au cours des dernières années. Ils ne viennent pas forcément dans les bibliothèques pour lire mais pour échanger. Christian Lauersen parle de "plateforme physique et mentale de dialogue entre les gens". L'objectif des bibliothèques est de répondre aux besoins de tous, de créer un pont entre les gens et les méthodes numériques.

En France, selon une étude menée par le ministère de la Culture (3), les bibliothèques municipales sont de plus en plus fréquentées par les Français et constituent un réseau culturel important.
Les 25 et 26 novembre prochains, le premier patrimoine de France, la BNF organisera sont deuxième Hackhaton (4) sur le thème de la musique dans l'objectif de partager et de parler de sujets autour du numérique.

Pour aller plus loin:
Je vous conseille vivement d'aller voir le film documentaire EX LIBRIS: THE NEW YORK PUBLIC LIBRARY, film reportage en séquences courtes de 3h37, sortie le 01 novembre 2017. Le spectateur s'immerge dans la plus grande bibliothèque de New York, la New York Public Library. Le réalisateur Frederick Wiseman, montre l'engagement inlassable de ces bibliothécaires au profit de la culture pour tous. 
Une bibliothèque à lire entre toutes ses lignes...


Sources:





L'Open Access Week célébrée par les universités à travers le monde


L'université de Cambridge provoque un raz-de-marée sur son site en partageant la thèse du célèbre astrophysicien Stephen Hawking

 Il y a dix jours s'achevait la dixième édition de l'Open Access Week [1]. De nombreuses universités, écoles supérieures, instituts de recherche, bibliothèques et organismes de financement mettent chaque année ces quelques jours à profit pour organiser séminaires, expositions ou tout autre événement dans le but de promouvoir le libre accès.
L'Université de Cambridge a décidé de participer à sa manière, par la publication sur son site de la thèse de Stephen Hawking [2], "Les propriétés des univers en expansion" rédigée en 1966 ; il était alors âgé de 24 ans. 
 L'idée était de porter l'attention sur l'augmentation croissante de la mise en ligne des publications de l'Université. Le projet s'est révélé être un succès, puisque la thèse aurait été téléchargée pas moins de 60 000 fois en à peine 24 heures et aurait fait grimper le trafic du site jusqu'à interrompre complètement l'accès pendant plusieurs heures, d'après un porte-parole de l'Université. Moins d'une semaine plus tard, ce chiffre était monté à 2 millions.
Stephen Hawking espère que ce geste "inspirera d'autres (chercheurs) à faire de même, pas seulement dans le but d'apprendre, mais aussi de partager la recherche". [3]
Cambridge, à l'instar de la plupart des universités dans le monde, participe également de manière plus classique, en organisant toute une série d'ateliers destinés à sensibiliser les chercheurs aux différents aspects de l'Open Access. 
Les scientifiques peuvent ainsi se former sur comment améliorer l'accessibilité et la reproduction de la recherche scientifique ou encore comment repérer un éditeur prédateur. [4]
Pour les plus curieux, la thèse est disponible au format PDF sur  Apollo, le site de dépôt des travaux universitaires de : https://www.repository.cam.ac.uk/handle/1810/251038


Sources : 

[1] International Open Access Week Website, [consulté le 9 novembre 2017] http://www.openaccessweek.org/
[2] NOISETTE Thierry, Open access: Cambridge partage ses publications, dont la thèse de Stephen Hawking, ZDNet, rubrique Blogs, 2017-10-29 [consulté le 9 novembre 2017]  http://www.zdnet.fr/blogs/l-esprit-libre/open-access-cambridge-partage-ses-publications-dont-la-these-de-stephen-hawking-39859258.htm
[3] BUSBY Mattha, Stephen Hawking's expanding universes thesis breaks the interne, The Guardian.com, rubrique Science, 2017-10-23 [consulté le 9 novembre 2017]
https://www.theguardian.com/science/2017/oct/23/stephen-hawkings-expanding-universes-thesis-breaks-the-internet
[4] University of Cambridge, rubrique Open Access [consulté le 9 novembre 2017]   https://osc.cam.ac.uk/open-access/open-access-week-2017


lundi 6 novembre 2017

Le dernier tweet de Jean-Michel Salaün - @JMSalaun1 -

Le 28 septembre 2017, Jean-Michel Salaün, Professeur dans différentes entités universitaires (Ecole normale supérieure de Lyon, ENSSIB, EBSI de Montréal...) connu pour ses apports scientifiques aux Sciences de l'information et de la documentation, signait un tweet rédigé de la manière suivante : "Comme promis, la postface à Vu, lu, su (dispo aussi sur hypothèses)   Dernier twt, adieu à mes followers." Ce "faux" dernier tweet car Jean-Michel Salaün continue à tweeter, nous interroge néanmoins sur le contenu de cette postface.

L'ouvrage Vu, lu, su est paru il y a cinq ans, en 2012 aux éditions de La Découverte. Son titre exact est : Vu, lu, su : les architectes de l'information face à l'oligopole du Web. Le document est vu grâce au développement du terminal mobile; lu en suivant un axe personnel et donc découpé en thématiques d'intérêt; su enfin grâce aux réseaux sociaux.  Dans cette postface, Jean-Michel Salaün annonce donc sa retraite académique. Cette postface est l'aboutissement de cinq années de réflexion après la parution de l'ouvrage. Le chercheur souligne les changements majeurs du web en un si court laps de temps : le développement des algorithmes, de l'intelligence artificielle, les conséquences de la réalité virtuelle, l'avènement de l'économie du partage, des outils nomades... Son intérêt cependant se porte particulièrement vers le document : l'ordre numérique documentaire est resté le même malgré les changements opérés. Quel est-il ?

L'organisation documentaire est toujours dominée par les "GAFTA" notamment Apple, Google et Facebook. Cette domination tend à se renforcer. Si la révolution documentaire a bien eu lieu, elle est très récente: "fin du siècle dernier et première décennie du nouveau millénaire", nous précise Jean-Michel Salaün. Sinon son caractère massif, ces transformations du document sont l'objet de cette postface. Il s'agit principalement de comprendre ce qu'est l'architecture de l'information et partant l'architecte de l'information. Ainsi le document est intrinsèquement lié à celui/celle qui le construit. Ce dernier connaît aussi bien l'organisation de l'information, le design que l'expérience utilisateur. Pourtant ces termes, essentiels aux yeux de l'enseignant-chercheur, sont peu usités dans le domaine académique ou de la formation. Jean-Michel Salaün le regrette et il reste persuadé que ces trois expertises sont au coeur de l'analyse informationnelle du document. Le concept d'architecture de l'information reste la réponse au défi de l'apparition du document numérique. L'ordre documentaire qui en émerge est ainsi dominé par le modèle de Facebook. Pourquoi ?

Facebook symbolise le partage de l'information et la plateforme est créatrice selon l'auteur, d'un nouveau genre de documents qui construit pour chaque communauté un imaginaire, une série de récits personnalisés. Or, cet imaginaire est à une échelle mondiale, devenu politique. Ce changement dont l'origine est l'échange de documents, fait vaciller le monde ancien. Le nouvel ordre documentaire se base sur un nouvel agencement des documents et donc de l'information. Les "industries de la mémoire", les géants du web, gèrent aujourd'hui une masse de documents comme jamais; ce que l'on nomme le Big Data. Une maîtrise de l'architecture de l'information, de la maison du web, serait un pas pour une régulation du nouvel ordre documentaire que Jean-Michel Salaün appelle de ses voeux.


Un appel pour la journée mondiale de l'architecture de l'information à Toulouse, le 24 février 2018 [consulté le 6 novembre 2017]. < https://docs.google.com/forms/d/e/1FAIpQLSdmebSS1ecukGJ-VPhmYQ62m_UiJWm8vZuw0soptTORZoAfHQ/viewform >

SALAUN, Jean-Michel. Vu, lu, su. Les architectes de l'information face à l'oligopole du Web. Paris : La Découverte, 2012. 151 p. Collection « Cahiers libres ». ISBN 978-2-7071-7135-1.