lundi 20 novembre 2017

Fake news : initiatives et difficultés des réseaux sociaux

Les réseaux sociaux  sont un vecteur essentiel de la diffusion de l'information. D'autant plus important par le nombre de consultations et par la rapidité de la transmission de l'actualité.  Il est donc utile de faire attention à la véracité des articles et de trouver des solutions afin de lutter contre les fake news.

Les cas de Facebook et Google sont  intéressants, compte tenu des difficultés rencontrées pour faire la chasse aux articles douteux.  De nombreuses initiatives ont été prises : indicateurs de confiance, vérificateur des sources, outils de"fact-checking", afin de vérifier si l'information et sa source sont fiables,  etc...

L'article du Guardian met en avant le cas particulier de Facebook, ses difficultés, son manque de transparence sur le fonctionnement des outils utilisés, leur limite, leur efficacité et la difficulté à faire totalement disparaitre les informations virales et à freiner la diffusion de fausses informations.

Références : 

Xavier Eutrope, "Zones d'ombre sur les initiatives de Facebook contre les fake news", Ina Global, Lu sur le web , 16 novembre 2017, http://www.inaglobal.fr/presse/lu-sur-le-web/zones-dombre-sur-les-initiatives-de-facebook-contre-les-fake-news [consulté le 20 novembre 2017]

Sam Levin, "Way too little, way too late': Facebook's factcheckers say effort is failing, The Guardian.com, 13 novembre 2017, https://www.theguardian.com/technology/2017/nov/13/way-too-little-way-too-late-facebooks-fact-checkers-say-effort-is-failing [consulté le 20 novembre 2017]

Nelly Lesage, "Google et Facebook lancent un « indicateur de confiance » contre les fake news", Numerama.com, 17 novembre 2017, http://www.numerama.com/tech/307104-google-et-facebook-adoptent-un-indicateur-de-confiance-contre-les-fake-news.html [consulté le 20 novembre 2017]

Sylvain Rolland,  Facebook : derrière la communication, quelle efficacité contre les « fake news » ?, La Tribune.fr, 6 avril 2017, http://www.latribune.fr/technos-medias/facebook-derriere-la-communication-quelle-efficacite-contre-les-fake-news-680958.html [consulté le 20 novembre 2017]

Pour aller plus loin : 

Louis Merzeau, Les fake news, miroir grossissant de luttes d’influences, Ina Global, 19 mai 2017 (mise à jour 31 mai 2017), http://www.inaglobal.fr/idees/article/les-fake-news-miroir-grossissant-de-luttes-d-influences-9713, [consulté le 20 novembre 2017]

Sylvain Rolland,  Facebook : derrière la communication, quelle efficacité contre les « fake news » ?, La Tribune.fr , 6 avril 2017, http://www.latribune.fr/technos-medias/facebook-derriere-la-communication-quelle-efficacite-contre-les-fake-news-680958.html [consulté le 20 novembre 2017]

La liberté sur internet : Freedom House publie son rapport "Freedom on the net 2017"

Freedom House est une organisation non gouvernementale (ONG) fondée en 1941 et basée à Washington, dédiée au développement de la liberté et de la démocratie dans le monde. 
Celle ci vient de publier son rapport "Freedom on the net" [1] pour la 7ème année consécutive, dans lequel elle fait état d'un déclin de la liberté d'accès et de la liberté d'expression sur le net. 

Depuis 3 ans, la Chine est le pays où l'ONG constate le plus d'abus en terme de privation de liberté sur internet. 

Plusieurs raisons peuvent expliquer ce recul général, parmi lesquelles : 
- l'accroissement du nombre de contenus retirés, bloqués ou censurés (à titre d'exemples, des propos portant atteinte au pouvoir en place ou à une religion) ;
- le développement des "lois de surveillance".

La réaction de la presse suite à la publication du rapport se concentre sur la "manipulation des réseaux sociaux par les États" [2]. 18 élections dans le monde auraient été marquées par une désinformation et une manipulation sur Twitter, Facebook ou Google, via des comptes automatisés.
Ces pratiques ne seraient pas observées uniquement dans les régimes dictatoriaux [3]. 59% des internautes ne seraient pas totalement libres de circuler sur le net. 

La France fait partie des 65 pays étudiés par Freedom House dans le cadre de cette publication. L'ONG lui attribue une note de 26/100, la rangeant dans la catégorie des pays "libres"[4].
Les constats sont notamment les suivants [5] : 
- des communications auraient "fuité" sur Emmanuel Macron dans le cadre de la campagne présidentielle de 2017, afin de "déstabiliser la course" ;
- l'augmentation des demandes de suppression de contenus pro-terroristes ;
- l'introduction de nouvelles dispositions au sujet "de la neutralité du net et de la protection des données" dans la loi pour une République numérique de 2016.

Même si l'ONG classe la France parmi les pays "libres" avec l'attribution de la note 26/100 (0 correspondant à une liberté totale et 100 correspondant à l'absence de liberté), la France connaîtrait un recul global de la liberté sur le net depuis plusieurs années. Elle s'était vue attribuer la note de 20/100 en 2013 et 2014.


Sources :

[1] Freedom House. Freedom on the net 2017. Novembre 2017. Disponible en ligne : [consulté le 20 novembre 2017] <https://freedomhouse.org/sites/default/files/FOTN_2017_Final.pdf>

[2] Lelievre, Adrien. La Manipulation des réseaux sociaux par les États s'industrialise. En ligne sur LesEchos.fr. Publié le 14 novembre 2017 : [consulté le 20 novembre 2017] <https://www.lesechos.fr/tech-medias/medias/030871237768-la-manipulation-des-reseaux-sociaux-par-les-etats-sindustrialise-2130062.php>

[3] Bilem, Vincent. Rapport alarmant d'une ONG : de plus en plus de pays manipulent les réseaux sociaux. En ligne sur lesinrocks.com. Publié le 14 novembre 2017 : [consulté le 20 novembre 2017] <http://www.lesinrocks.com/2017/11/14/actualite/rapport-alarmant-dune-ong-de-plus-en-plus-de-pays-manipulent-les-reseaux-sociaux-111008892/>

[4] Freedom House. Freedom on the net 2017 France. Novembre 2017. Disponible en ligne : [consulté le 20 novembre 2017] <https://freedomhouse.org/sites/default/files/FOTN%202017_France.pdf>

[5] Lausson, Julien. L'Internet en France jugé encore un peu moins libre qu'avant. En ligne sur numerama.com. Publié le 14 novembre 2017 : [consulté le 20 novembre 2017] <http://www.numerama.com/politique/306059-linternet-en-france-juge-encore-un-peu-moins-libre-quavant.html>

lundi 13 novembre 2017

L'IA ou "l'Enjeu du siècle"

60 ans après la parution de  La Technique ou l'Enjeu du siècle, un essai dans lequel Jacques Ellul traite du changement de nature de la technique dans la société, où la technique serait devenue "un processus autonome auquel l'homme est assujetti"[1], la question posée  n'a rien d'obsolète. Au contraire, le développement de nouvelles technologies et notamment celui de l'intelligence artificielle, nourrit des peurs et des inquiétudes sur l'avenir de l'Homme : sera-t-il finalement dépassé par la machine ? L'opinion public s'intéresse à cette question. 

Dans le sillage de la parution du rapport Anticiper les impacts économiques et sociaux de l'intelligence artificielle [2] en mars dernier, de nombreuses discussions, conférences et séminaires sur le sujet d'intelligence artificielle auront lieu en novembre et décembre : autant d’occasions de conjurer les peurs et d’y voir plus clair sur un sujet aussi en vogue que souvent mystifié. 

Dans le cadre des Entretiens du nouveau monde industriel 2017, l'Association internationale pour une politique industrielle des technologies de l'esprit nous invite à participer les 19 et 20 décembre aux quatre sessions de discussions sur le sujet "Bêtise et intelligence artificielles" [3]. 

Du 13 novembre au 11 juin 2018, Antonio A. Casilli, maître de conférences à Telecom ParisTech (IIAC-CEM), propose un séminaire intitulé "Étudier les cultures du numérique : approches théoriques et empiriques", où sera dressé "un panorama des études contemporaines les plus innovantes et les plus significatives dans le domaine des humanités numériques et de la sociologie des usages des technologies de l'information et de la communication"[4]. Plusieurs séances seront consacrées à l'intelligence artificielle : la séance inaugurale tout spécialement, animée par Antonio A. Casilli en personne le 13 novembre [5], et la séance du 2 février 2018, où l'invité Jean-Gabriel Ganascia (Université Pierre et Marie Curie) traitera le sujet de "Singularité : les mythes transhumanistes à l'épreuve de la recherche sur l'intelligence artificielle".
Le 14 novembre l’Association pour le Développement de l’Informatique Juridique (l'ADIJ) organise une conférence sur le thème "Le corps, nouvel objet connecté ?". Dans le cadre de cette conférence David Gruson, membre du Conseil exécutif de la Chaire santé de Sciences Po PARIS, discutera du sujet "Les robots et l’intelligence artificielle vont-ils décider de l’avenir de nos corps ?" [6]
 
Une journée de formation (payante), également traitant les questions juridiques liées à l'intelligence artificielle, sera organisée le 29 novembre : il s'agit de deuxième édition Technolex sur le thème "Disruption digitale et le droit. Convaincre, rassurer, innover". Au programme : "4 ateliers le matin, 2 séances plénières l’après-midi, 7h de formation et plus de 30 intervenants."
 
Enfin, le 5 et le 6 décembre  GFII organise le forum annuel, consacré à l'intelligence artificielle : "Intelligence artificielle : mythes et réalités pour l'industrie de l'information spécialisée" [7]. Ces deux jours permettront de "mieux comprendre les impacts de l'IA sur l'industrie de la connaissance, et de de dépasser l'IA washing".
 
A vos agendas !

[1]  La Technique ou l'Enjeu du siècle, https://fr.wikipedia.org/wiki/La_Technique_ou_l%27Enjeu_du_si%C3%A8cle [consulté le 13/11/2017]

[2] HINDI Rand, JANIN Lionel (dir.), Anticiper les impacts économiques et sociaux de l’intelligence artificielle, Paris : France Stratégies, 2017, en ligne http://www.strategie.gouv.fr/sites/strategie.gouv.fr/files/atoms/files/rapport-intelligence-artificielle-ok.pdf [consulté le 13/11/2017]

[3] Pour en savoir plus : http://arsindustrialis.org/entretiens-du-nouveau-monde-industriel-2017 [consulté le 13/11/2017]
 
[4] Pour en savoir plus : https://enseignements-2017.ehess.fr/2017/ue/240/ ; [consulté le 13/11/2017]

[5] CASILLI Antionio, A. "[Séminaire #ecnEHESS] Antonio Casilli : Intelligences artificielles et travail des plateformes (13 nov. 2017)" en ligne http://www.casilli.fr/2017/11/04/seminaire-ecnehess-antonio-casilli-intelligences-artificielles-et-travail-des-plateformes-13-nov-2017/ [consulté le 13/11/2017]
 
[6] Le programme de cette conférence : http://www.adij.fr/2017/10/28/conference-le-corps-nouvel-objet-connecte-mardi-14-novembre-2017/  [consulté le 13/11/2017]
[7] Pour en savoir plus sur ce forum : http://forum.gfii.fr/c/forum-du-gfii-2017

Travail nomade, réunion virtuelle avec quel outil ?

Aujourd'hui, le chef de projet est confronté au nomadisme de ses collaborateurs. Il lui est difficile de réunir l'ensemble de son équipe à un jour, heure et une salle donnés. La question se pose :  quel outil vais-je utiliser ?


L'outil collaboratif doit pouvoir créer une salle de réunion et inviter x collaborateurs en même temps avec un flux vidéo correct.
Deux outils  sélectionnés :

1   Daily :  un outil en ligne facile d'utilisation, qui vous personnalise le nom de la salle de réunion virtuelle permanente avec une adresse URL unique. Vous pouvez ajouter des nouvelles salles et vous pouvez choisir les modes d'accès de vos collaborateurs. De plus, c'est un outil gratuit. [1]


2 Team Talk :  un outil qui vous permet de tenir une réunion avec une adresse URL unique, et un simple lien suffit pour que vos collaborateurs se joignent à la réunion.  Mais celui-ci est fait pour un petit groupe. L'outil permet aussi de partager son écran, d'échanger des fichiers et un tchat.
 Cet outil est payant avec une tarification à la réunion ou par abonnement. [2]


Sources :

[1]  DAILY "réunions et appels en vidéo pour le travail collaboratif" by  · Published · Updated

[2] Team Talk "un espace de réunion en ligne pour le travail collaboratif" by · Published · Updated [consulté le 13/11/2017] . <https://outilscollaboratifs.com/2017/09/teamtalk-un-espace-de-reunion-virtuel-pour-le-travail-en-equipe/>


jeudi 9 novembre 2017

Les bibliothèques, des institutions cruciales dans nos communautés


Avec la montée en puissance du numérique et l'évolution des pratiques culturelles et des demandes sociales, les bibliothèques sont en constante mutation. A l'ère du Big Data, elles vont pouvoir se plonger dans la visualisation de données avec l'arrivée de la datavisualisation et communiquer efficacement sur leurs activités en n'oubliant pas la notion de service, rendu sur place ou en ligne, qui prend une place de plus en plus importante.

Comme en témoigne le blog de Christian Lauersen, directeur de bibliothèques danois, intitulé Le Laboratoire de la Bibliothèque (1), on assiste à la croissance de nouveaux lieux. Pour lui, "les bibliothèques sont associées à des espaces d'apprentissages, d'éducation, de recherche et d'activités culturelles".
Il vient de publier, le 17 octobre 2017, sur son blog, quelques réflexions sur la bibliothèque en tant que lieu et marque : Pourquoi viennent-ils ? (2). Il explique que les conditions pour les étudiants, et surtout dans l'enseignement supérieur, ont  radicalement changé au cours des dernières années. Ils ne viennent pas forcément dans les bibliothèques pour lire mais pour échanger. Christian Lauersen parle de "plateforme physique et mentale de dialogue entre les gens". L'objectif des bibliothèques est de répondre aux besoins de tous, de créer un pont entre les gens et les méthodes numériques.

En France, selon une étude menée par le ministère de la Culture (3), les bibliothèques municipales sont de plus en plus fréquentées par les Français et constituent un réseau culturel important.
Les 25 et 26 novembre prochains, le premier patrimoine de France, la BNF organisera sont deuxième Hackhaton (4) sur le thème de la musique dans l'objectif de partager et de parler de sujets autour du numérique.

Pour aller plus loin:
Je vous conseille vivement d'aller voir le film documentaire EX LIBRIS: THE NEW YORK PUBLIC LIBRARY, film reportage en séquences courtes de 3h37, sortie le 01 novembre 2017. Le spectateur s'immerge dans la plus grande bibliothèque de New York, la New York Public Library. Le réalisateur Frederick Wiseman, montre l'engagement inlassable de ces bibliothécaires au profit de la culture pour tous. 
Une bibliothèque à lire entre toutes ses lignes...


Sources:





L'Open Access Week célébrée par les universités à travers le monde


L'université de Cambridge provoque un raz-de-marée sur son site en partageant la thèse du célèbre astrophysicien Stephen Hawking

 Il y a dix jours s'achevait la dixième édition de l'Open Access Week [1]. De nombreuses universités, écoles supérieures, instituts de recherche, bibliothèques et organismes de financement mettent chaque année ces quelques jours à profit pour organiser séminaires, expositions ou tout autre événement dans le but de promouvoir le libre accès.
L'Université de Cambridge a décidé de participer à sa manière, par la publication sur son site de la thèse de Stephen Hawking [2], "Les propriétés des univers en expansion" rédigée en 1966 ; il était alors âgé de 24 ans. 
 L'idée était de porter l'attention sur l'augmentation croissante de la mise en ligne des publications de l'Université. Le projet s'est révélé être un succès, puisque la thèse aurait été téléchargée pas moins de 60 000 fois en à peine 24 heures et aurait fait grimper le trafic du site jusqu'à interrompre complètement l'accès pendant plusieurs heures, d'après un porte-parole de l'Université. Moins d'une semaine plus tard, ce chiffre était monté à 2 millions.
Stephen Hawking espère que ce geste "inspirera d'autres (chercheurs) à faire de même, pas seulement dans le but d'apprendre, mais aussi de partager la recherche". [3]
Cambridge, à l'instar de la plupart des universités dans le monde, participe également de manière plus classique, en organisant toute une série d'ateliers destinés à sensibiliser les chercheurs aux différents aspects de l'Open Access. 
Les scientifiques peuvent ainsi se former sur comment améliorer l'accessibilité et la reproduction de la recherche scientifique ou encore comment repérer un éditeur prédateur. [4]
Pour les plus curieux, la thèse est disponible au format PDF sur  Apollo, le site de dépôt des travaux universitaires de : https://www.repository.cam.ac.uk/handle/1810/251038


Sources : 

[1] International Open Access Week Website, [consulté le 9 novembre 2017] http://www.openaccessweek.org/
[2] NOISETTE Thierry, Open access: Cambridge partage ses publications, dont la thèse de Stephen Hawking, ZDNet, rubrique Blogs, 2017-10-29 [consulté le 9 novembre 2017]  http://www.zdnet.fr/blogs/l-esprit-libre/open-access-cambridge-partage-ses-publications-dont-la-these-de-stephen-hawking-39859258.htm
[3] BUSBY Mattha, Stephen Hawking's expanding universes thesis breaks the interne, The Guardian.com, rubrique Science, 2017-10-23 [consulté le 9 novembre 2017]
https://www.theguardian.com/science/2017/oct/23/stephen-hawkings-expanding-universes-thesis-breaks-the-internet
[4] University of Cambridge, rubrique Open Access [consulté le 9 novembre 2017]   https://osc.cam.ac.uk/open-access/open-access-week-2017


lundi 6 novembre 2017

Le dernier tweet de Jean-Michel Salaün - @JMSalaun1 -

Le 28 septembre 2017, Jean-Michel Salaün, Professeur dans différentes entités universitaires (Ecole normale supérieure de Lyon, ENSSIB, EBSI de Montréal...) connu pour ses apports scientifiques aux Sciences de l'information et de la documentation, signait un tweet rédigé de la manière suivante : "Comme promis, la postface à Vu, lu, su (dispo aussi sur hypothèses)   Dernier twt, adieu à mes followers." Ce "faux" dernier tweet car Jean-Michel Salaün continue à tweeter, nous interroge néanmoins sur le contenu de cette postface.

L'ouvrage Vu, lu, su est paru il y a cinq ans, en 2012 aux éditions de La Découverte. Son titre exact est : Vu, lu, su : les architectes de l'information face à l'oligopole du Web. Le document est vu grâce au développement du terminal mobile; lu en suivant un axe personnel et donc découpé en thématiques d'intérêt; su enfin grâce aux réseaux sociaux.  Dans cette postface, Jean-Michel Salaün annonce donc sa retraite académique. Cette postface est l'aboutissement de cinq années de réflexion après la parution de l'ouvrage. Le chercheur souligne les changements majeurs du web en un si court laps de temps : le développement des algorithmes, de l'intelligence artificielle, les conséquences de la réalité virtuelle, l'avènement de l'économie du partage, des outils nomades... Son intérêt cependant se porte particulièrement vers le document : l'ordre numérique documentaire est resté le même malgré les changements opérés. Quel est-il ?

L'organisation documentaire est toujours dominée par les "GAFTA" notamment Apple, Google et Facebook. Cette domination tend à se renforcer. Si la révolution documentaire a bien eu lieu, elle est très récente: "fin du siècle dernier et première décennie du nouveau millénaire", nous précise Jean-Michel Salaün. Sinon son caractère massif, ces transformations du document sont l'objet de cette postface. Il s'agit principalement de comprendre ce qu'est l'architecture de l'information et partant l'architecte de l'information. Ainsi le document est intrinsèquement lié à celui/celle qui le construit. Ce dernier connaît aussi bien l'organisation de l'information, le design que l'expérience utilisateur. Pourtant ces termes, essentiels aux yeux de l'enseignant-chercheur, sont peu usités dans le domaine académique ou de la formation. Jean-Michel Salaün le regrette et il reste persuadé que ces trois expertises sont au coeur de l'analyse informationnelle du document. Le concept d'architecture de l'information reste la réponse au défi de l'apparition du document numérique. L'ordre documentaire qui en émerge est ainsi dominé par le modèle de Facebook. Pourquoi ?

Facebook symbolise le partage de l'information et la plateforme est créatrice selon l'auteur, d'un nouveau genre de documents qui construit pour chaque communauté un imaginaire, une série de récits personnalisés. Or, cet imaginaire est à une échelle mondiale, devenu politique. Ce changement dont l'origine est l'échange de documents, fait vaciller le monde ancien. Le nouvel ordre documentaire se base sur un nouvel agencement des documents et donc de l'information. Les "industries de la mémoire", les géants du web, gèrent aujourd'hui une masse de documents comme jamais; ce que l'on nomme le Big Data. Une maîtrise de l'architecture de l'information, de la maison du web, serait un pas pour une régulation du nouvel ordre documentaire que Jean-Michel Salaün appelle de ses voeux.


Un appel pour la journée mondiale de l'architecture de l'information à Toulouse, le 24 février 2018 [consulté le 6 novembre 2017]. < https://docs.google.com/forms/d/e/1FAIpQLSdmebSS1ecukGJ-VPhmYQ62m_UiJWm8vZuw0soptTORZoAfHQ/viewform >

SALAUN, Jean-Michel. Vu, lu, su. Les architectes de l'information face à l'oligopole du Web. Paris : La Découverte, 2012. 151 p. Collection « Cahiers libres ». ISBN 978-2-7071-7135-1.



Test de lancement de la fusée Facebook: l'actualité impactée


Facebook déploie un test sur un fil secondaire d'actualité appelé "Explore Feed" dans 6 pays avec pour conséquence une chute observée de la consommation des contenus d'information. La fusée Facebook entraine le déclin de la consommation d'actualité ainsi disparue du fil du fil principal. The Guardian enquête le 25 octobre 2017 et tire les conclusions.
  
Fin octobre 2017, Facebook a lancé un test dans 6 pays - le Guatemala, la Bolivie, le Cambodge, le Sri-Lanka, la Serbie et la Slovaquie - sur son nouvel outil « Explore Feed » symbolisé par une petite fusée. "Explore feed" est un fil d’actualité secondaire.
Dans les 6 pays test, les abonnés Facebook doivent désormais chercher leur actualité dans cet outil car elle a disparu du fil principal de l’application.

Dans le fil principal ne subsistent que:
  • l'activité des amis, proches, famille etc.,
  • les contenus éditoriaux. 

Le 25 octobre 2017, The Guardian rassemble dans son article les observations d'éditeurs de contenus d'actualité [1]. Au Guatemala, le site "Soy 602" signale une chute spectaculaire de 66% de la consommation de ses articles [3]. En Slovaquie, une sélection des meilleures pages a perdu entre 2/3 et 3/4 de son audience [2].
En conclusion, les abonnées (désorientés) de Facebook ne sont pas allés chercher l'information dans le fil secondaire d'actualité "Explore Feed".


Les conséquences de ce test mettent en exergue la dépendance des éditeurs de contenus d'information à Facebook depuis 2014, préféré à Google News: " En quelques années, Facebook s'est ainsi imposé au point de devenir une source non négligeable de l'audience des principaux sites d'information" [3]. ainsi que la prévalence des réseaux sociaux comme moyens d'information " Rappelons à toutes fins utiles qu'une étude 2016 menée par l'université l'Oxford pour l'institut Reuters établissait que 51% des répondants utilisaient les réseaux sociaux pour accéder à l'information. Et que pour 28% des 18-24 ans, Fcebook et d'autres réseaux sociaux étaient même cités comme principale source d'information". [3]

Facebook par la déclaration de Adam Mosseri, vice-président du flux d'actualité [5], justifie ce test par la volonté de ne mettre en valeur et immédiatement disponible que l'activité et les expériences de nos amis et de "ranger" l'actualité dans une autre activité secondaire.

On observe cependant que cet outil, s'il est généralisé, peut contraindre les éditeurs d'actualité à sponsoriser leurs contenus pour ne pas disparaître, ce qui générerait une augmentation de source de revenus pour Facebook par la publicité [4]. Par ailleurs, dans un souci de fidéliser l'audience - toujours relatif à la publicité - l'outil "Explore Feed" mobilise l'activité des abonnés quelques instants supplémentaires car ils naviguent sur Facebook pour ouvrir leur fil d'actualité [4].

Enfin, une sélection par l'argent fragiliserait les petits éditeurs, parfois les plus indépendants,, qui diffusent une information libre participant au soutien de la pluralité de l'expression démocratique [1]

Pour l'heure, Facebook n'a pas déclaré son intension d'étendre le test à l'ensemble des pays à travers le monde.

Sources :


[1] HERN Alex. Downright Orwellian: journalists decry Facebook experiment's impact on democracy, in The Guardian, 2017-10-25 [consulté le 6 novembre 2017]. https://www.theguardian.com/technology/2017/oct/25/facebook-orwellian-journalists-democracy-guatemala-slovakia?CMP=share_btn_tw>

[2] STRUHARIK Filip. Biggest drop in Facebook  organic reach we have nerver seen, Medium.com,  2017-10-21, [consulté le 6 novembre 2017]. < https://medium.com/@filip_struharik/biggest-drop-in-organic-reach-weve-ever-seen-b2239323413>


[3] LEDIT Guillaume. Facebook mène une expérience préoccupante pour l'accès à l'information, Usbeck et Rica.com, 2017-10-31, [consulté le 6 novembre 2017]. < https://usbeketrica.com/article/facebook-mene-une-experience-preoccupante-pour-l-acces-a-l-information >

[4]  VINOGRADOFF Luc, Un test Facebook dans 6 pays met à mal l'influence de médias en ligne, Le Monde.fr/rubrique Big Brother, 2017-10-26 [consulté le 6 novembre 2017]. <http://www.lemonde.fr/big-browser/article/2017/10/26/un-test-facebook-dans-six-pays-met-a-mal-l-influence-de-medias-en-ligne_5206497_4832693.html>

[5] MOSSERI Adam, Clarifying Recent Test, Media Facebook.com, 2017-10-23 [consulté le 6 novembre 2017].  <https://media.fb.com/2017/10/23/clarifying-recent-tests>



mercredi 25 octobre 2017

Les métadonnées des bibliothèques : actrices majeures du Web de données ?

En bibliothèque à un niveau international, des changements profonds s'opèrent au sujet du catalogage. En effet, pour valoriser leurs ressources auprès des internautes, les bibliothèques doivent prendre le train du Web sémantique !

 

 La généralisation des catalogues en ligne s'est développée dans les années 1990 et dès 98, l'IFLA The International Federation of Library Associations and Institutions, a créé les modèles de métadonnées FRBR, FRAD et FRAD [1], à l'attention de toute bibliothèque pour la description de ses notices bibliographiques.

Dernièrement, en août 2017, l'"IFLA LRM" : Library Reference Model (ou modèle de référence pour les bibliothèques), qui est issu de la fusion des trois anciens standards, a été adopté par toute la communauté professionnelle internationale.

Il s'agit donc à présent d'un modèle unique et conceptuel de données bibliographiques, qui s'apparente à une architecture de catalogues, repensée en fonction des attentes des usagers. C'est un modèle puissant qui permet aux ressources de leur garantir : visibilité, référencement, interopérabilité, fiabilité et souplesse de réutilisation par les internautes.
 
Cependant, pour compléter cet outil afin qu'il soit efficient et compatible avec le web de données et les standards du W3C [2], il manque un élément crucial qui est un code de catalogage unique, à vocation internationale. En effet, la finalisation et la publication du RDA-FR (Transposition française de RDA [3]) est prévue et constitue le grand projet de l'année 2018 !

Pour en savoir davantage sur ces nouveautés technologiques essentielles pour le développement des bibliothèques numériques, n'oubliez pas de vous inscrire dès maintenant à la journée professionnelle:

 "Métadonnées en bibliothèques : attention, travaux !
Des chantiers de la Transition bibliographique"

Mardi 14 novembre 2017 de 9h à 17h30
BnF, site François-Mitterrand, Grand auditorium


Sans attendre la publication de l’intégralité des règles RDA-FR ou la mise à disposition de données entièrement FRBRisées, les bibliothèques peuvent dès aujourd’hui engager certains chantiers. Organisée par le groupe « Systèmes & Données », cette journée souhaite apporter des réponses pragmatiques et concrètes aux interrogations sur la Transition bibliographique sous l’angle de l’informatique documentaire

Sources :
TRANSITION BIBLIOGRAPHIQUE. La transition bibliographique en France [en ligne]. Paris: 2017 [consulté le 25/010/2017].  https://www.transition-bibliographique.fr/enjeux/position-francaise-rda/

TRANSITION BIBLIOGRAPHIQUE. La transition bibliographique en France [en ligne]. Paris: 2017 [consulté le 25/010/2017]. https://www.transition-bibliographique.fr/17-09-20-journee-professionnelle-metadonnees-bibliotheques-attention-travaux-14-11-2017/

ARABESQUES numéro 87. Numéro spécial consacré à la Transition bibliographique [en ligne].ABES. Paris: ABES , mensuel [en ligne]. Paris, 2017 [consulté le 25/10/2017].  http://www.abes.fr/Publications-Evenements/Arabesques/Arabesques-n-87

BNF. La transition numérique à la Bnf [en ligne]. Paris, 2017 [consulté le 25/10/2018] http://www.bnf.fr/fr/professionnels/catalogage_pratiques_bnf/a.transition_bibliographique_bnf.html

Internet des Objets : quand l'engouement suscite régulation et contrôle

L'IOT (Internet Of Things, Internet des Objets), représente l'ensemble des objets connectés à des réseaux personnels ou professionnels communiquant vers divers services sur Internet. Ces objets, issus de l'association de la domotique et d'internet, permettent entre autre, de capter des données de santé ou climatologiques. Ils peuvent analyser le sommeil d'un usager, contrôler la température d'un appartement ou rendre une voiture autonome.

Selon Gartner, plus de 20 milliards d'objets connectés seront utilisés dans le monde en 2020¹. 
Les startups françaises du métier, reconnues à l'internationale, commercialisent ces objets dans le monde entier. Ainsi, à l'espace Eureka Park dédié aux startups de la 50ème édition du CES 2017 de Las Vegas, la France, représentait la seconde délégation, juste derrière les Etats-Unis².

Ces objets, rapidement développés afin de satisfaire une appétence grandissante du marché, présentent cependant des risques de compromission³. Ainsi, lors de la conférence Defcon 2016, des hackers ont simulé la compromission d'un thermostat connecté³. Il est aussi question de l'usage de données collectées par les objets connectés vers le cloud⁴.

Afin de répondre à l'ensemble de ces problématiques, diverses parties prenantes étudient et proposent de réguler la protection des données issues des objets connectés, depuis plusieurs années. En juin 2014, Maitre Caroline Laverdet décrivait un panorama du droit des objets connectés⁴. Récemment, La CNIL a publié un pack de conformité dédié aux véhicules connectés⁵ conforme au Règlement Général sur la Protection des Données (RGPD)⁶. Les 18 et 19 octobre 2017, l'agence Europol a donné une conférence sur la cybersécurité des objets connectés⁷. Jeudi 26 octobre 2017, la commission juridique de l'Acsel se réunit en colloque "Objets connectés, blockchain et robots : un nouveau cadre juridique à inventer" faisant participer plusieurs intervenants issus des milieux juridiques et technologiques⁸. La RGPD apporte de nouvelles réponses juridiques aux enjeux de sécurité des données des objets connectés⁹.

Les industriels s'associent aux Entreprises de Services Numériques afin d'aider les concepteurs d'objets connectés à protéger les données collectées en conformité avec la loi européenne. Les prochains mois devraient voir une mutation des rôles au sein des entreprises, des régulateurs et des certificateurs.


Sources :
¹ VAN DER MEULEN, Rob | Gartner Says 8.4 Billion Connected "Things" Will Be in Use in 2017, Up 31 Percent From 2016
gartner.com | Publié le 7 Février 2017 | Consulté le 25 octobre 2017

² LEMAIRE, Axelle - Secrétaire d’État chargée du Numérique et de l’innovation | La French Tech | La French Tech at CES 2017 - Dossier de Presse - Page 3
lafrenchtech.com | Publié le 2 janvier 2017 | Consulté le 25 octobre 2017

³ RICHARD, Philippe | La sécurité des objets connectés : une menace pour les entreprises
techniques-ingenieur.fr | Publié le 10 août 2017 | Consulté le 25 octobre 2017

⁴ LAVERDET, Caroline - Avocate | LexisNexis | la semaine du praticien en question - N° 670 - Pages 1154 -1155 Les enjeux juridiques de l’Internet des objets
Lexisnexis.fr | Publié le 9 juin 2014 | Consulté le 25 octobre 2017

⁵ CNIL | Véhicules connectés : un pack de conformité pour une utilisation responsable des données
cnil.fr | Publié le 17 octobre 2017 | Consulté le 25 octobre 2017

⁶ CNIL | Règlement européen sur la protection des données : ce qui change pour les professionnels
cnil.fr | Publié le 15 juin 2016 | Consulté le 25 octobre 2017

⁷ Enisa IOT security conference | Conférence du 18 au 19 octobre 2017
europol.europa.eu | Consulté le 25 octobre 2017

⁸ BARBRY, Eric | Cadre Juridique pour les outils de la transformation Digitale | Conférence du 26 octobre 2017
alain-bensoussan.com | Publié le 20 octobre 2017 | Consulté le 25 octobre 2017

⁹ FRANCO, Jean-Michel - Directeur du Marketing Produit à Talend | Objets connectés et GDPR, comment sécuriser le tout-connecté ?
blog.businessdecision.com | Publié le 6 avril 2017 | Consulté le 25 octobre 2017 

lundi 23 octobre 2017

Données personnelles : le nouveau règlement européen en ligne de mire

Comme en témoigne cet article paru récemment dans I2D [1], les données personnelles sont devenues un sujet de préoccupation majeur pour les citoyens, mais aussi pour les entreprises et leurs sous-traitants [2].

A l'occasion du 17è Salon des Assises de la Sécurité et des Systèmes d'Information de Monaco [3], du 11/10/2017 au 14/10/2017, qui a réuni plus de 2500 spécialistes de la cybersécurité, le nouveau règlement européen sur la protection des données personnelles [4] était dans tous les esprits.

Ce dernier, qui doit entrer en vigueur le 25 mai 2018, constitue une véritable avancée pour les citoyens mais un casse-tête pour les entreprises du secteur numérique qui n'ont plus que quelques mois pour se mettre en conformité.

Plus de protection et de transparence :
"Il correspond à la loi informatique et libertés [5] puissance 10", résume Bruno Rasle, délégué général de l'Association Française des Correspondants à la protection des Données à caractère Personnel (AFCDP) [6] et récemment interviewé par le journal "Le Parisien" [7].
Le nouveau règlement va renforcer la notion de consentement : les sociétés devront conserver les preuves de l'approbation de leurs clients pour l'usage de leurs données.

Va apparaître la notion de portabilité: les données personnelles pourront être transférées d'une enseigne à une autre.

Le droit à l'effacement des données va également être renforcé.

Sources:

[1] Chen, Alexandre. Gérer les données personnelles fournies aux applications. I2D. n°55. septembre 2017. consulté le 23/10/2017.


[3] Site Les Assises de la Sécurité. [en ligne]. consulté le 23/10/2017 https://www.lesassisesdelasecurite.com/ 


[5] CNIL. Loi 78-17 du 6 janvier 1978 modifiée. publié le 31/01/2017. consulté le 23/10/2017

[6] Site Association Française des Correspondants à la protection des Données à caractère Personnel. [en ligne] consulté le 23/10/2017. http://www.afcdp.net/ 

[7] Simon, Cécile. Consommateurs : attention à vos données personnelles !. Le Parisien. publié le 20/10/2017, consulté le 23/10/2017.

Pour aller plus loin: 
Rochelandet, Fabrice. Économie des données personnelles et de la vie privée. Edition La découverte. 2010. [en ligne] http://www.cairn.info/Economie-des-donnees-personnelles-et-de-la-vie-pri--9782707157652.htm

Les musées publics français entrent dans l'ère du big data: lancement du projet Data&Musée

L'entrée des musées publics français dans l'ère du big data a connu un tournant décisif avec le lancement le 27 septembre dernier du projet collaboratif Data&Musée. Il est mené par la société Orpheo, en partenariat avec les écoles TélécomSudParis et ParisTech. Il doit réunir sur une plate-forme unique et ouverte les données des institutions culturelles. Ce projet devrait permettre aux institutions d'élaborer des stratégies de développement, et d'améliorer l'expérience visiteur. (1)

La question de l'utilisation des big data dans les institutions culturelles publiques se pose depuis plusieurs années déjà, mais, selon un des acteurs du "tourisme digital", TOM, elle se heurte encore à un manque de moyens humains et aussi à une résistance d'ordre "moral", car elle est beaucoup reliée, dans les esprits, au monde de l'entreprise.

Des projets ont cependant émergé, à la suite des expériences mises en place par le Dallas Museum of Art et le Musée de la Chasse et de la Nature. Le premier avait en effet créé un programme d'adhésion permettant finalement d'envoyer des mails personnalisés aux visiteurs et le deuxième a installé un livre d'or numérique collectant un nombre d'informations beaucoup plus élevé qu'un livre d'or papier.

La cellule études et marketing de la RMN-Grand Palais a quant à elle mis en place, en 2016, un ambitieux programme de collecte et d'utilisation des données pour mieux connaître et fidéliser les visiteurs.(2)

Le projet Data&Musée, lui, va essentiellement concerner le Centre des Monuments Nationaux et Paris Musées, groupement de 14 musées parisiens. Outre les données "classiques" collectées par les institutions (statistiques de fréquentation par exemple), la mise en place d'un livre d'or intelligent, l'analyse des réseaux sociaux et un système de géolocalisation indoor sont prévus. Ce dernier permettra notamment de visualiser les parcours visiteurs et d'analyser les flux. (1)

Le but étant, à terme, de personnaliser l'expérience visiteur et de  développer des indicateurs de performance des musées, dans un contexte économique difficile et de subventions de plus en plus réduites.

(1) Site EchosDoc, 17 octobre 2017,


Consulté le 23 octobre 2017.

(2) Luczak-Rougeaux, Julia. Data:quels enjeux pour les musées, site TOM, 8 avril 2016,


Consulté le 23 octobre 2017.

(3) Site I'mTech,


Consulté le 23 octobre 2017.





jeudi 19 octobre 2017

Euchronie : une nouvelle moisson pour les ressources autopubliées

Avec l'arrivée du Web 2.0 et la proportion grandissante de contenus générés par les utilisateurs [1] et de l'autopublication, de nouveaux outils se mettent en place afin de les agréger.
Qu'il s'agisse de ressources issues de la recherche "en train de se faire" publiées au sein de carnets de recherche d'Hypothèses [2]  ou bien de travaux de vulgarisation sur les chaînes YouTube, celles-ci peuvent toutes avoir le potentiel de se retrouver sur Euchronie [3].
Cet agrégateur de contenu spécifique aux Sciences Humaines et sociales est accessible au public depuis le 1er Octobre 2017. Son offre se distingue par un nouvel objet de recherche "centraliser toutes les productions de contenus en ligne sur l'histoire" [4], explique Sébastien Poublanc, coordinateur scientifique du projet collaboratif francophone.

L'équipe chargée du projet, ceux que l'on nomme les "moissonneurs", a limité le nombre de ressources du corpus actuel mais qui a pour vocation de s'étoffer au fur et à mesure que d'autres volontaires viendront soutenir le travail d'éditorialisation des contenus. Car c'est une des spécificités majeures de ce projet : qualifier avec des métadonnées la ressource "moissonnée". 
Aujourd'hui, vingt personnes (aux profils pluridisciplinaires, essentiellement des chercheurs) sont chargés de repérer puis indexer des contenus autopubliés qui parfois peuvent s'avérer peu bavards en informations sur leur contexte de création. Précisons qu'un avertissement en bas de la notice descriptive rappelle aux publics visés (autant chercheurs, étudiants et passionnés d'histoire) que la moisson réalisée par l'équipe du projet n'engage pas une approbation scientifique du contenu mais la valeur de la ressource dans la pratique sociale en ligne de l'autopublication sur un sujet spécifique "le passé, ici et maintenant !".
Notes : 

[1] CGU : User-generated content 
[2] Carnets de recherche de CLEO sur OpenEdition. En ligne.http://hypotheses.org/, consulté le 19 octobre 2017.
[3] Site EUCHRONIE. En ligne. http://euchronie.org/, consulté le 19 octobre 2017.
[4] "Euchronie, le passé en ligne", Interview de Sébastien Poublanc par Julia Bellot. En ligne, http://www.lhistoire.fr/euchronie/euchronie-le-pass%C3%A9-en-ligne, consulté le 19 octobre 2017.

Pour aller plus loin : 
"Euchronie : un projet collaboratif francophone inscrit dans les humanités numériques", Digital Librairies & Information Sciences. En ligne. https://dlis.hypotheses.org/1399, consulté le 19 octobre 2017.

Pas de transformation numérique des entreprises sans actions de formation



La transformation numérique a déjà commencé et les entreprises voient dans cette révolution des opportunités de nouveaux marchés, ... de transformation de la relation client ; et surtout une nouvelle manière de créer de la valeur.

Pourtant, certaines entreprises sont encore frileuses et hésitent à se lancer dans cette transformation,  notamment les PME et ETI (1).
Cette inertie est inquiétante quand on sait que les consommateurs ont compris depuis longtemps l'intérêt de cette révolution et s'approprient les us et coutumes du numérique.
Ne risque-t-on pas pour certaines entreprises de voir ces consommateurs s'éloigner un peu plus ? La transformation semble donc inévitable !

Comment prendre le virage de la transformation numérique ?

La transformation numérique exige de nouvelles compétences mais aussi une grande adhésion de la part des collaborateurs de l'entreprise qui manifestent souvent de fortes résistances au changement (2).
Ces déficits peuvent être comblés par une action de formation au sein de l'entreprise afin que cette transformation pénètre toute l’entreprise et conduise à l'acceptation du changement.
Pour cela il faudra revoir les priorités de formation afin d'éviter les inégalités face au digital au sein de l'entreprise (3). Aussi, n'oublions pas que les collaborateurs eux-mêmes sont demandeurs et souhaitent que leur employeur accorde davantage d’importance à la formation dans le domaine des outils numériques (4).

Pour les entreprises, la formation est d’autant plus intéressante à exploiter qu’elle est fortement stimulée par le gouvernement, notamment à travers les différents dispositifs de formation professionnelle continue (5).

L'exemple de La Poste (6) est probant en ce sens. Pour devenir leader des services de proximité, La Poste a bien compris que cela passe par la réussite de sa transformation numérique et pour atteindre son objectif La Poste a déjà délivré sa formation "Tous numériques" à 80 000 postiers, soit les 2/3 d'entre-eux !



Pour en savoir plus sur la transformation numérique et l'accompagnement, rdv à la Conférence CCM Benchmark. L'objectif de cette conférence est de fournir des éléments d'information et de compréhension en termes d'accompagnement des collaborateurs [...] de formation, de travail collaboratif.




(1) Dirigeants de PME et ETI face au digital - BPI france LeLAB <https://www.bpifrance-lelab.fr/Analyses-Reflexions/Les-Travaux-du-Lab/Dirigeants-de-PME-et-ETI-face-au-digital>
(2) (5) Cavazza Frédéric - La formation est l'étincelle de la transformation digitale - FredCavazza.net <https://fredcavazza.net/2017/10/09/la-formation-est-letincelle-de-la-transformation-digitale/?utm_source=feedburner&utm_medium=feed&utm_campaign=Feed%3A+fredcavazza+%28FredCavazza.net%29&utm_content=Netvibes>
(3) La Pinta Franck - Transformation digitale : comment les RH peuvent aider l’entreprise ? - http://www.francklapinta.com <http://www.francklapinta.com/transformation-digitale-comment-les-rh-peuvent-aider-lentreprise/>
(4) Déficit de formation aux outils numériques - http://www.collaboratif-info.fr <http://www.collaboratif-info.fr/edito/deficit-de-formation-aux-outils-numeriques>
(6) La transformation numérique de La Poste passe par la formation de 260 000 postiers - Les Echos Entrepreneurs <https://business.lesechos.fr/entrepreneurs/partenaires/viva-technology/partenaire-1112-la-transformation-numerique-de-la-poste-passe-par-la-formation-de-260-000-postiers-310865.php>

mardi 17 octobre 2017

Propos malveillants sur Internet : diffamation ou libre expression ?

Alors que de nombreux internautes profitaient cet été de leur temps libre pour publier leurs photos de vacances et partager leurs avis sur leur destination, s'inscrivant ainsi dans le mouvement mondial du partage facilité par les nouvelles technologies, le Tribunal de Grande Instance (TGI) de Paris s'activait quant à lui pour lutter contre le partage... de propos diffamatoires.
Les commentaires haineux et expressions déplacées sur les réseaux sociaux ou les sites web font l'objet depuis plusieurs années de mesures de protection (modération des commentaires, filtrage, voire suppression totale de la possibilité de commenter...) dont l'efficacité est limitée (1), même si elles permettent la plupart du temps d'éviter la majorité des commentaires passibles de sanctions pénales (insultes raciales ou sexistes, incitation à la haine...). D'ailleurs, la loi a été renforcée sur le sujet avec la publication, le 3 août 2017, d'un décret d'application sur les "provocations, diffamations et injures non publiques présentant un caractère raciste ou discriminatoire" (2).
Il est cependant plus difficile de lutter contre la diffamation, dans la mesure où, selon la loi, est diffamante "toute allégation (...) d'un fait non avéré qui porte atteinte à l'honneur et à la considération d'une personne" (3) : comment, dès lors, être certain que le fait n'est pas avéré, d'une part, et qu'il porte atteinte à l'honneur de la personne, d'autre part ?
Ainsi, un conseiller de l'ancien président François Hollande a vu sa plainte pour diffamation rejetée, début juillet 2017. Pourtant, le Tribunal a bien admis que les propos considérés (publiés sur Facebook) étaient diffamatoires : il a toutefois estimé que la plainte aurait pu porter sur un autre motif (4). Plus récemment, fin septembre, le TGI de Besançon a également débouté une plainte contre des propos tenus sur WhatsApp et par e-mail, car il considérait que le dommage n'était pas prouvé (5).
Au-delà de la question de l'atteinte à l'honneur ou non, une autre raison de voir sa plainte pour diffamation rejetée est sa prescription. La jurisprudence en matière d'Internet était jusque-là peu étoffée, mais une ordonnance du TGI de Paris, confirmée en appel en septembre, s'est appuyée sur le code source du site accusé, ainsi que sur le site d'archivage du web Archive.org, pour prouver la date de publication des propos incriminés et en déclarer ainsi la prescription (6). Malgré une tentative de législation en la matière en 2004 (rejetée par le Conseil constitutionnel), le délai de prescription sur Internet n'est pas encore clairement défini (7). Cette décision récente poussera peut-être le législateur à se pencher sur le sujet ?
Diffamation ou non, la question peut donc se poser... des deux côtés : que vous vous sentiez visé par des propos diffusés sur le web ou que vous ayez peur d'être accusé pour avoir critiqué publiquement quelqu'un. De ce côté néanmoins, certains conseils peuvent être suivis pour éviter de vous retrouver en justice (8) !


(1) SMYRNAIOS Nikos, MARTY Emmanuel. "Profession "nettoyeur du net". De la modération des commentaires sur les sites d'information français". Réseaux, 2017/5 (n°205), p. 57-90. [consulté le 17 octobre 2017] <https://www.cairn.info/revue-reseaux-2017-5-page-57.htm>

(2) VALLAT Thierry. "Renforcement de la répression de la diffamation et des injures racistes et discriminatoires non publiques par le décret du 3 août 2017". In La grande bibliothèque du droit, en ligne [consulté le 17 octobre 2017] <http://www.lagbd.org/index.php/Renforcement_de_la_r%C3%A9pression_de_la_diffamation_et_des_injures_racistes_et_discriminatoires_non_publiques_par_le_d%C3%A9cret_du_3_ao%C3%BBt_2017_(fr)>

(3) Fiche pratique "Diffamation". Site Internet service-public.fr [consulté le 17 octobre 2017] <https://www.service-public.fr/particuliers/vosdroits/F32079>

(4) LEGALIS. "Diffamation sur Facebook envers un conseiller du président de la République". En ligne [consulté le 17 octobre 2017] <https://www.legalis.net/actualite/diffamation-sur-facebook-envers-un-conseiller-du-president-de-la-republique/>

(5) LEGALIS. "Diffamation sur WhatsApp : pas de référé pour des actes isolés". En ligne [consulté le 17 octobre 2017] <https://www.legalis.net/actualite/diffamation-sur-whatsapp-pas-de-refere-pour-des-actes-isoles/>

(6) LEGALIS. "Diffamation : la date dans le code du site prouve la prescription de l'action". En ligne [consulté le 17 octobre 2017] <https://www.legalis.net/actualite/diffamation-la-date-dans-le-code-du-site-prouve-la-prescription-de-laction/>

(7)  FROCHOT Didier. "Délit de diffamation en ligne : toujours la question du délai de prescription". En ligne sur le site les-infostrateges.com. Publié le 10 octobre 2017 [consulté le 17 octobre 2017] <http://www.les-infostrateges.com/actu/17102443/delit-de-diffamation-en-ligne-toujours-la-question-du-delai-de-prescription>

(8) DIEHL Alexandre. "Quels termes éviter sur un site web sous peine d'être taxé de diffamation ?". Recherche et référencement, n°190, mars 2017. Début de l'article disponible en ligne [consulté le 17 octobre 2017] <http://recherche-referencement.abondance.com/2017/03/quels-termes-eviter-sur-un-site-web.html>